Le témoin fidèle ne ment pas, car ce serait contredire son titre de fidèle ; et de même qu'il ne se prêtera pas à un faux témoignage sous serment devant un tribunal, il ne dira pas non plus de mensonge dans la conversation ordinaire. On peut l'appliquer aux serviteurs de l'Évangile, qui sont les témoins du Christ : l'Évangile qu'ils prêchent est un témoignage rendu à son sujet, et ils le rendent fidèlement ; et ils ne transmettront ni sciemment ni volontairement une fausseté, un mensonge de doctrine, puisque « aucun mensonge ne vient de la vérité » (1 Jean 2:21). Le titre de témoin fidèle est donné au Christ (Apocalypse 1:5 ; 3:14) : il est le « témoin » de l'amour et de la grâce de son Père, de sa pensée et de sa volonté, et des doctrines de l'Évangile qui le concernent et concernent la manière dont il sauve ; et il est « fidèle » à celui qui l'a établi ; et il ne peut ni ne veut mentir, car il est la « vérité » même.
Mais le faux témoin profère des mensonges ; ou : il les « exhale » et les répand à profusion ; il n'hésite pas à en dire, et, n'ayant aucune conscience, il en débite tant qu'il peut, avec toute l'assurance et tout l'aplomb du monde ; car celui qui ne craint pas d'appuyer un mensonge par serment ne se gênera pas pour mentir dans la conversation ordinaire. Ou bien on peut traduire : « celui qui profère des mensonges sera un faux témoin » : celui qui prend l'habitude de mentir dans ses rapports privés finira, à l'occasion, par porter un faux témoignage devant un tribunal. On ne peut pas se fier à un tel homme : les petits péchés mènent aux grands, le mensonge au parjure. De même les faux docteurs et les partisans de l'homme de péché débitent avec hypocrisie des mensonges de doctrine, qu'ils sont livrés à croire ; et ceux qui font cela sont de faux témoins, des séducteurs et des antichrists.