Le sage craint et se détourne du mal : il craint Dieu et prend garde à ne pas l'offenser ; c'est pourquoi il s'éloigne du péché, s'en tient à distance et s'abstient de tout ce qui y ressemble ; et, touché par la bonté et la grâce de Dieu envers lui, il craint le Seigneur et sa bonté, et évite donc toute occasion de pécher contre lui. Son motif n'est pas seulement la peur du châtiment, comme le dit Jarchi, mais le sentiment de cette bonté. Et puisque c'est sous l'influence de la crainte de Dieu que les hommes se détournent du mal, agir ainsi témoigne d'une saine intelligence et montre qu'un tel homme est sage (Proverbes 16:6 ; Job 28:28).
Mais l'insensé s'emporte et va de l'avant sans crainte : il ne craint ni Dieu ni les hommes, il ouvre la bouche contre les uns et les autres ; il « s'emporte » dans son cœur, sinon de vive voix, contre Dieu et sa loi, qui interdisent les péchés où il se plaît, et contre tous les gens de bien qui l'en avertissent, l'en reprennent ou l'en détournent. Et il est « sans crainte », persuadé qu'il ne lui arrivera aucun mal ; il ne se soucie pas de l'état futur, ne redoute ni l'enfer ni la damnation, alors même qu'il est au bord du gouffre. On peut aussi traduire : « il va de l'avant avec assurance » - rien ne peut l'arrêter ; il fonce, sans égard pour les lois de Dieu ni pour celles des hommes, ni pour les avis et les conseils de ses proches, ni pour ce qu'il adviendra dans l'autre monde de sa conduite insensée.