Au milieu même du rire, le cœur peut souffrir - comme celui de Belschatsar au milieu de son festin et de sa gaieté, quand il vit l'écriture sur le mur. Ainsi le péché peut dévisager un homme, et la culpabilité peser sur sa conscience et le remplir de chagrin en pleine gaieté ; on peut faire bon visage et forcer son rire quand le cœur est plein d'amertume ; et souvent cette amertume vient précisément de ce rire coupable, de la moquerie du péché et de la raillerie de la religion.
Et la fin de cette gaieté est la tristesse : parfois, dès cette vie, le pécheur finit par pleurer, et pleurer de sa gaieté coupable, de s'être ainsi diverti aux dépens de la religion et des gens pieux - et souvent quand il est trop tard. Ainsi la fin de la gaieté que se promettait l'insensé de l'Évangile fut la tristesse, quand son âme lui fut redemandée ; ainsi en fut-il du riche, qui reçut ses biens ici-bas et ses maux dans l'au-delà.