La rançon de la vie d'un homme, ce sont ses richesses - comme ce fut le cas de Ben-Hadad entre les mains du roi d'Israël (1 Rois 20:34), et des trésors que dix hommes avaient dans les champs, à cause desquels Ismaël, fils de Nethania, ne les tua pas (Jérémie 41:8). Voilà l'avantage de la richesse : quand un homme est fait prisonnier de guerre, ou pris par des pirates, ou tombé aux mains de voleurs et de brigands, il peut se racheter avec son argent ; quand sa vie est menacée par la maladie, il peut se procurer les remèdes qu'il faut ; quand elle l'est par la famine, il peut se procurer de quoi manger - ce que le pauvre ne peut pas faire. Mais cela ne marche pas toujours, et cela ne vaut que pour la vie du corps ; car pour ce qui est de la rédemption spirituelle et éternelle de l'âme, il y faut un prix bien supérieur à des choses corruptibles comme l'argent et l'or : rien de moins que le sang précieux du Christ n'y suffit (Job 36:18 ; Psaume 49:6-8 ; 1 Pierre 1:18,19). Au reste, ces mots peuvent désigner moins la commodité que l'inconvénient de la richesse : car elle invite souvent les voleurs à s'en prendre aux personnes et à forcer leurs maisons, mettant leur vie en danger ; et elle pousse les méchants à monter des complots et des accusations contre les riches, uniquement pour leur soutirer leur argent, ce qui met leur vie en péril et ne se rachète justement que par leur fortune.
Mais le pauvre n'entend pas de menace : on ne monte contre lui ni charge ni accusation ; on ne lui adresse ni reproche ni semonce ; on ne fait pas attention à lui, parce qu'il n'y a rien à lui prendre. Il peut dormir la porte ouverte, aucun voleur ne le dérangera ; il peut voyager sur les routes sans qu'on lui crie « halte ». Jarchi entend cela de celui qui est pauvre en fait de loi et qui n'écoute pas les reproches et les avertissements qu'on lui donne pour qu'il quitte le mal. Mais on peut plutôt l'appliquer aux pauvres en esprit, qui ne se fient pas à eux-mêmes ni à leur propre justice, mais à la grâce de Dieu et à la justice du Christ : ceux-là, il est vrai, entendent les reproches des gens de bien et les prennent bien, comme ils entendent ceux des méchants sans leur rendre insulte pour insulte, et comme ils entendent les avertissements de la Providence et les corrections de leur Père céleste - mais jamais ils n'entendront de lui aucun reproche de colère, ici-bas ni dans l'au-delà. Tandis que ceux qui se croient riches, qui se fient à leur fortune et à leur justice et pensent racheter leur âme de la mort par elles, seront repris au milieu des flammes.