Celui qui épargne la verge hait son fils : celui qui retient ou écarte la verge de la correction, qui est dans sa main, qu'il a le pouvoir d'employer et qu'il doit employer au moment voulu ; celui-là, loin d'aimer son fils, peut être dit le haïr, car cette tendresse aveugle ne vaut pas mieux que la haine ; et s'il le haïssait vraiment, il pourrait difficilement lui faire pire que de ne pas le corriger pour une faute - ce fut le péché du bon vieil Éli, qui en pâtit avec ses fils.
Mais celui qui l'aime - qui aime vraiment son fils et se soucie sincèrement de son bien et de son avenir - celui-là réglera son affection sur son jugement et ne cédera pas à une tendresse aveugle qui nuirait à son enfant ; au contraire, il
le corrige de bonne heure, ou « dès le matin » : au matin de son enfance, avant que de mauvaises habitudes ne se contractent, qu'il ne s'accoutume au mal et ne s'y endurcisse ; ou bien dès qu'une faute est commise, avant qu'elle ne soit oubliée ou répétée ; ou encore chaque matin, comme disent Jarchi et Aben Ezra, c'est-à-dire continuellement, aussi souvent qu'il le faut ou que des fautes sont commises.