L'inquiétude dans le cœur d'un homme l'accable : soit un souci anxieux de la vie et de ses moyens, selon le sens du mot, qui, s'emparant de l'âme, la maintient à terre ; soit la crainte et l'appréhension du malheur, ou le chagrin et la peine causés par quelque épreuve, qui, une fois entrés dans le cœur, l'écrasent au point qu'il ne peut plus goûter aucun plaisir ni aucune joie. La Septante et la version arabe portent : « une parole terrible trouble le cœur du juste » ; la version syriaque : « trouble le cœur de l'homme » ; et le Targum :
« une parole de crainte dans le cœur de l'homme y met la crainte » ;
telle est la loi, qui est une parole de terreur, qui dit aux hommes des choses effrayantes, remplit l'esprit d'effroi, produit la colère dans la conscience et engendre un esprit de servitude et de peur ; elle courbe et maintient à terre les esprits par la sombre attente du jugement et d'un feu ardent.
Mais une bonne parole le réjouit : une parole d'un ami qui console, encourage et réconforte, et qui compatit à la détresse où l'on est ; elle relève le cœur et le remplit de joie. Ainsi une parole dite à propos par un serviteur de l'Évangile relève une âme accablée et lui donne consolation et joie. Telle est l'Évangile lui-même : une bonne nouvelle venue d'un pays lointain, comme de l'eau fraîche pour une gorge altérée, qui rafraîchit et ranime. La Septante et la version arabe traduisent ici « un bon message », ce qu'est précisément l'Évangile ; et lorsqu'il est porté au cœur d'un pauvre pécheur accablé par les terreurs de la loi, il y met la joie. Telle est la parole de paix, de pardon, de justice et de vie éternelle par le Christ ; telle est la parole que le Christ lui-même prononça (Matthieu 9:2). Kimchi cite en exemple le Psaume 55:22.