L'homme avisé cache sa science - celle qu'il possède, des choses naturelles ou divines. Non qu'il refuse de la communiquer, comme il le doit, au bon moment, au bon endroit et aux bonnes personnes ; mais il n'en parle pas à tort et à travers ni hors de propos ; il n'en fait pas étalage, il ne s'en vante pas et ne s'en glorifie pas. Il s'abstient modestement de dire ce qu'il sait, sauf quand il le faut, et cela même de ce qu'il pourrait dire licitement : ce qui est une marque de prudence et de modestie. Autrement, il serait coupable de trahir des secrets ou de divulguer ce qui doit rester privé ou ne pas être connu. Aben Ezra l'entend du sage qui cache sa science dans son cœur pour ne pas l'oublier.
Mais le cœur des insensés proclame sa folie : ce qu'ils ont dans le cœur et dans l'esprit, et qu'ils prennent pour un profond savoir et une érudition subtile, ils le crient sur les toits, bruyamment et à tout propos ; et pendant qu'ils exposent leurs idées mal formées, leurs notions incohérentes et décousues, ils trahissent leur ignorance et leur sottise, comme font tous les vaniteux.