Le méchant est pris au piège par le péché de ses lèvres. Le méchant s'attire souvent des ennuis en donnant trop de liberté à sa langue et en s'en prenant à la réputation d'autrui : tantôt par des propos séditieux contre son souverain ; tantôt par de faux témoignages, des mensonges et des parjures dont il est convaincu en plein tribunal ; tantôt par les calomnies, les insultes, les médisances et les ragots qu'il lance sur son prochain, lequel lui intente un procès pour cela. Ou bien : « dans le péché des lèvres il y a un piège funeste », ou « le piège d'un méchant » : par leurs propos mauvais ils tendent un piège où les simples et les imprudents se prennent. C'est ainsi que les hérétiques prennent les gens par leurs belles paroles, leurs beaux discours et leurs doctrines plausibles ; c'est ainsi que fait l'Antéchrist, par des mensonges hypocrites et par toutes les séductions de l'injustice.
Mais le juste sortira de la détresse, ou l'évitera : il échappe au piège qu'on lui tendait, et donc aux ennuis qui s'ensuivraient ; le juste évite les ennuis en ne donnant pas à sa langue la liberté que prennent les méchants ; et quand il y tombe malgré tout, il s'en tire par de bonnes paroles adressées à ceux entre les mains de qui il se trouve, et par ses prières et ses supplications à Dieu. Les justes sont parfois dans la détresse, et dans des détresses que les autres ne connaissent pas : à cause de leurs propres penchants mauvais, des tentations de Satan, du silence de Dieu, en plus de leurs afflictions extérieures ; et de toutes le Seigneur les délivre tôt ou tard, dans la vie ou dans la mort (Psaume 34:19). Jarchi en donne pour exemple le juste Noé, qui échappa au déluge dans lequel périt le monde des impies, pour le péché de leurs lèvres, quand ils disaient, comme en Job 21:15 : « qu'est-ce que le Tout-Puissant ? », etc.