L'homme bienveillant fait du bien à son âme, ou : « à lui-même ». L'homme de miséricorde et de grâce, l'homme généreux et large, jouit paisiblement de ce que Dieu lui a donné (Ecclésiaste 5:18), et il en fait du bien aux autres, se faisant par là du bien à lui-même ; comme il se soucie aussi, au sens spirituel, du bien et du salut de son âme immortelle.
Mais l'homme cruel tourmente sa propre chair : l'avare sordide se refuse ce qui lui conviendrait, ne s'accorde même pas le nécessaire, ne fournit pas à sa maison ce qu'il faudrait ; il se cache à sa propre chair, ne veut rien donner à ses proches dans le besoin, fussent-ils ses meilleurs amis ou ses plus proches parents, et ferme ses entrailles à son propre frère : tout cela peut s'appeler tourmenter sa propre chair (voir Ésaïe 58:7). Rabbi Lévi ben Guershom l'entend de ceux qui font consister la religion à maltraiter et à mortifier le corps par des jeûnes que la loi n'exige pas ; et cela s'applique fort bien aux papistes, qui le font par des pénitences, des jeûnes et des flagellations - ce que l'apôtre appelle un mépris du corps, sans aucun honneur pour la satisfaction de la chair (Colossiens 2:23).