Celui qui manque de bon sens méprise son prochain : non seulement dans son cœur, mais en lui adressant des paroles blessantes ; il en parle avec dédain, soit qu'il se croie plus sage que lui et le traite de sot à tout propos - car ceux qui sont le plus dépourvus de sagesse s'imaginent en avoir plus que quiconque et méprisent les autres ; soit qu'il soit plus riche que lui, le riche méprisant d'ordinaire le pauvre ; soit qu'il se croie plus saint que lui, comme le pharisien qui se persuade d'être juste et méprise les autres. Ou bien : l'homme « à qui manque le cœur », selon une autre traduction possible - à qui manque un bon cœur, à qui manque la grâce dans le cœur ; celui-là méprise les conseils et les avis, les avertissements et les leçons que son prochain lui donne pour son bien.
Mais l'homme intelligent se tait : il ne méprisera pas son prochain et ne lui adressera pas de paroles blessantes sous prétexte qu'il n'est pas aussi sage, aussi riche ou aussi juste que lui ; s'il ne peut pas dire du bien de lui, il n'en dira pas de mal. Ou bien il se tait et ne répond pas à l'homme sans bon sens qui le méprise et l'insulte ; il ne rendra pas insulte pour insulte, et quand on l'outrage il n'outrage pas à son tour - et il montre par là qu'il est un homme intelligent, avisé et sage.