La mémoire du juste est en bénédiction. Ceux à qui il a été utile, matériellement ou spirituellement, le bénissent et lui souhaitent toutes les bénédictions de son vivant, chaque fois que son nom est prononcé ; et après sa mort, ils parlent bien de lui et le proclament heureux ; car de tels hommes restent à jamais dans les mémoires. Leur souvenir est doux et précieux ; leur nom est illustre et estimé, et on n'en parle jamais qu'avec honneur et éloge (voir Psaume 112:6). Les auteurs juifs y voient un commandement et traduisent : « que la mémoire du juste soit bénie » ; ils disent que celui qui y manque enfreint un précepte positif ; et ils font de cette formule une abréviation formée des initiales, qu'ils accolent aux noms de leurs hommes célèbres.
Mais le nom des méchants tombera en pourriture : il sera oublié, enseveli dans l'oubli, et jamais mentionné. Ils ont beau donner leur nom à leurs maisons, à leurs terres et à leurs villes pour le transmettre à la postérité, tout cela finit par être détruit d'une manière ou d'une autre, et leur souvenir périt avec eux (voir Ecclésiaste 8:10 ; Psaume 49:11 ; 9:6). Et si leur nom est prononcé après leur mort, c'est avec dégoût et horreur, comme on a en horreur ce qui est putréfié : ils laissent après eux une mauvaise odeur, tandis que le bon renom du juste est comme un parfum précieux (Ecclésiaste 7:1). Cicéron a dit :
« la vie des morts réside dans la mémoire des vivants ».