Celui qui agit d'une main paresseuse s'appauvrit : soit celui qui donne mesquinement pour les besoins des autres, alors qu'il en aurait les moyens et que les cas l'exigent ; soit celui qui est négligent et paresseux dans son travail. Ou bien : « celui qui travaille d'une main trompeuse », ou « d'une main de tromperie », comme on peut traduire : celui qui fait mine de travailler mais ne travaille pas, qui donne le change et agit malhonnêtement ; ou qui use de mille détours et de mille combines pour vivre, comme font d'ordinaire les paresseux. Aben Ezra fait remarquer qu'on peut aussi traduire et comprendre : « celui qui fait une balance trompeuse s'appauvrit », croyant s'enrichir par de telles fraudes ; ou, selon d'autres, « une balance trompeuse appauvrit » : ceux qui usent de tels moyens illicites prospèrent rarement, et jamais longtemps.
Mais la main des diligents enrichit - avec la bénédiction de Dieu par-dessus, comme le dit le verset 22. Ceux qui sont « affûtés », selon le sens du mot, c'est-à-dire soigneux et actifs, appliqués à leurs affaires et honnêtes dans leur travail, ceux-là, avec la bénédiction divine, s'enrichissent souvent. Ou plutôt : ceux qui font comme les hommes qui creusent la terre pour y chercher de l'or, avec beaucoup d'ardeur et de persévérance ; car de cette racine vient un mot souvent employé pour l'or (Proverbes 3:14 ; 8:19 ; 16:16). Tout cela vaut au sens spirituel : ceux qui sont paresseux à recourir aux moyens de la grâce, la Parole et les ordonnances, ceux qui sont mous et négligents dans leur devoir, s'appauvrissent spirituellement - comme l'Église de Laodicée, qui, par sa tiédeur et sa fausse sécurité, devint pauvre, misérable, aveugle et nue. Au contraire, ceux qui usent avec ardeur des moyens, qui se présentent souvent au trône de la grâce, qui ne délaissent pas l'assemblée des saints et se tiennent constamment aux portes de la Sagesse, ceux-là s'enrichissent en grâce et en toutes sortes de bonnes œuvres.