La voie du Seigneur est une forteresse pour l'homme intègre - pour celui qui est droit de cœur et de vie, à qui la justice du Christ est imputée et en qui un esprit droit a été renouvelé, et qui, par conséquent, marche dans l'intégrité (Proverbes 10:9). Pour ceux-là, « la voie du Seigneur est une forteresse » : à la fois la voie qu'il suit lui-même et celle qu'il prescrit aux siens. La voie qu'il suit dans sa providence à leur égard fait leur force : il est leur ombre à leur droite, il déploie sa force en leur faveur, il est leur forteresse et leur tour imprenable comme Dieu de la providence, et même une muraille de feu autour d'eux. Et la voie qu'il suit en leur découvrant son amour, en leur communiquant sa grâce, en leur appliquant ses précieuses promesses, en leur accordant l'influence de son Esprit, et en les conduisant à son Fils, l'homme de sa droite, rendu fort pour lui et pour eux, les fortifie grandement. De même la voie dans laquelle il conduit son peuple, celle de sa Parole et de ses ordonnances, qui est aussi agréable que fortifiante : plus ils y marchent, plus ils sont forts ; ils vont de force en force, ils s'y fortifient toujours davantage ; et pendant qu'ils attendent le Seigneur dans ces choses, leur force spirituelle se renouvelle. De plus, marcher dans la voie du Seigneur leur donne du cœur et du courage, et les rend hardis et intrépides : ils ne redoutent plus ni ennemi, ni danger, ni difficulté, mais poursuivent leur route avec entrain et joie.
Mais la ruine attend ceux qui font le mal : non pas tous ceux qui commettent des péchés, car nul ne vit sans péché ; mais ceux qui s'y livrent, qui en font métier, dont la vie entière est coupable et qui ne font rien d'autre que pécher. Cette voie mène à la perdition : la ruine et le malheur sont déjà dans toutes leurs voies, et telle en sera l'issue certaine - la ruine de l'âme et du corps, qui sera prompte et soudaine, qui les surprendra avant qu'ils s'en doutent, et qui sera éternelle : elle durera toujours et il n'y en aura pas de délivrance. Le mot employé signifie terreur et effroi : de tels sentiments saisissent le méchant à la mort, ce roi des terreurs à ses yeux ; ils l'étreindront plus fort encore quand, dans le séjour des morts, il lèvera les yeux ; et aussi au jour du jugement, quand il verra le Juge venir sur les nuées du ciel, assis sur un trône de feu, et qu'il l'entendra le déclarer maudit. On peut aussi traduire ce membre : mais la voie du Seigneur est « une terreur pour ceux qui font le mal » : la voie du Seigneur dans les œuvres de sa providence, où il accomplit souvent, dans sa justice, des choses redoutables ; car il est très redoutable aux hommes dans ses jugements ici-bas, et il le sera plus encore dans son terrible verdict du dernier jour.