La haine excite les querelles. L'homme dont le cœur est plein de haine et de malveillance envers son prochain excitera, ou réveillera - c'est le sens du mot -, des disputes et des brouilles heureusement assoupies ; il les ranime par des ragots et des messes basses, par des soupçons malveillants, par des mensonges qu'il fabrique, de faux bruits et des calomnies qu'il répand, par des reproches venimeux et des médisances.
Mais l'amour couvre toutes les fautes : non les siennes, mais celles des autres ; à l'imitation de l'amour et de la grâce de Dieu qui pardonne, et qui couvre toutes les fautes des siens par le sang et la justice de son Fils. L'amour étend son manteau sur les fautes de nos semblables et de nos frères, et les pardonne toutes ; au lieu de les étaler, il les cache et les tait ; et au lieu d'accabler autrui et d'aggraver ses faiblesses, il les interprète le mieux possible : il espère tout, il supporte tout, il croit tout (1 Corinthiens 13:7 ; voir 1 Pierre 4:8, où l'apôtre semble viser ce passage). Il ne s'agit évidemment pas de fermer les yeux sur le péché d'autrui ni de le tolérer, ce qui serait contraire au devoir chrétien de reprendre et d'avertir.