Car bien des fois aussi ton propre cœur sait, etc. Ou « ta conscience », comme la Vulgate latine, laquelle vaut mille témoins ; et si un homme y prend garde, il sera convaincu de ses propres fautes, manquements et infirmités, qu'il commet fréquemment. En particulier :
que toi-même pareillement tu as maudit les autres - soit en ton cœur, soit de la langue : tu as pensé du mal d'eux, tu leur en as souhaité ; tu as parlé d'eux avec mépris, tu les as injuriés et outragés ; tu les as appelés de vilains noms et maltraités ; tu as dit sur eux des paroles fort dures et fort sévères, dans un accès de colère, étant provoqué - et tu t'en es repenti ensuite, mieux informé de l'état de la cause, ou convaincu du mal de l'emportement et du parler téméraire ; que l'on considère donc chez les autres les mêmes passions et les mêmes infirmités, qu'on les leur passe et qu'on les leur pardonne ; ainsi Alshech :
« si tu as maudit les autres, et que tu désires que les hommes te pardonnent, pardonne de même toi aussi ; »
(voir Matthieu 6:14,15). Le mot « bien des fois », dans la première proposition, doit se rattacher non au verbe « sait » - comme si l'homme savait souvent cela -, mais au verbe « maudit » : suggérant qu'un homme peut en être souvent coupable lui-même, et doit donc être plus ménager de ses censures d'autrui (voir Matthieu 7:1-5).