Mieux vaut aller à la maison de deuil, etc. Pour des parents ou des amis décédés, qui ou bien ne sont pas encore ensevelis, ou bien viennent de l'être ; car les Juifs gardaient leur deuil plusieurs jours après, temps où leurs amis les visitaient pour les consoler, comme les Juifs firent pour Marthe et Marie (Jean 11:31). Ainsi le Targum :
« il vaut mieux aller vers un homme en deuil pour le consoler ; »
car en de tels temps et lieux, la conversation était sérieuse et digne d'intérêt, et roulait sur les sujets de la mortalité, de l'état futur et de sa préparation, d'où se tirent des leçons utiles et instructives ; et il valait donc bien mieux s'y trouver
que d'aller à la maison de festin - le Targum porte :
« qu'à la maison du festin de vin des moqueurs ; »
où il n'y a que bruit et clameur, luxe et intempérance, gaieté et réjouissance charnelles, conversation vaine et frivole, propos oiseux et chansons impures, et où l'on fait des gorges chaudes de la vraie religion et de la piété, de la mort et de l'autre monde ;
car c'est là la fin de tout homme - non la maison de festin, mais la maison de deuil ; ou le deuil lui-même, selon Jarchi : tout homme doit s'attendre à perdre parent et ami, et à venir ainsi à la maison de deuil ; et il doit mourir lui-même, et devenir l'occasion d'un deuil. C'est plutôt la mort même qui paraît visée, laquelle est la fin de tout homme, le chemin de toute chair - car il est réservé aux hommes de mourir ; ainsi le Targum :
« vu que sur eux tous est décrété le décret de la mort ; »
et le vivant y appliquera son cœur - en allant à la maison de deuil, il sera fait souvenant de la mort, y pensera sérieusement, et considérera sa fin dernière, combien elle est proche, et que tel sera bientôt son cas, comme celui du défunt qu'il vient pleurer. Ainsi le Targum l'interprète des paroles touchant la mort, des discours de mortalité qu'il y entend, qu'il remarque, met en son cœur et y serre. La note de Jarchi est :
« leur pensée est du chemin de la mort. »