Mieux vaut le chagrin que le rire, etc. Le chagrin exprimé dans la maison de deuil est meilleur, plus utile et plus louable que ce rire insensé et ces airs de légèreté qui règnent dans la maison de festin ; ou bien le chagrin causé par l'affliction et les peines - l'adversité même - est souvent bien plus profitable et sert davantage au bien des hommes que la prospérité ; ou encore la tristesse pour le péché, une tristesse selon Dieu, qui produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, est préférable à toute gaieté et à toute réjouissance charnelles. On peut traduire : « mieux vaut la colère que le rire » - ce que les Juifs entendent de la colère de Dieu corrigeant les hommes pour leur péché, laquelle vaut bien mieux que lorsqu'il ne prend point garde à eux et les laisse aller dans leur péché, comme s'il se plaisait en eux ; le Midrash en donne pour exemples la génération du déluge et les habitants de Sodome ; et le Targum penche vers ce sens :
« meilleure est la colère dont le Seigneur de ce monde s'irrite contre les justes en ce monde, que le rire dont il se rit des impies. »
Mais peut-être vaut-il mieux, avec d'autres, l'entendre de la colère exprimée contre le péché, dans des réprimandes fidèles quoique sévères, laquelle, à l'issue, est plus profitable que la flatterie de ceux qui y encouragent (voir Proverbes 27:5,6) ;
car par la tristesse du visage le cœur devient meilleur - quand cette tristesse n'est pas hypocrite, comme chez les scribes et les pharisiens, mais sérieuse et réelle, née de justes réflexions de l'esprit ; par elle, le cœur est détourné des choses vaines, charnelles et sensuelles, et s'engage dans la contemplation des choses spirituelles et célestes, ce qui lui est d'un grand avantage. Ou bien : par la sévérité du visage d'un ami fidèle, corrigeant les fautes, le cœur devient meilleur, qui reçoit ces corrections avec amour, confesse sa faute et s'amende.