Mieux vaut ce que les yeux voient que le vagabondage du désir, etc. Par « ce que les yeux voient » il ne faut pas entendre la simple contemplation des richesses extérieures, comme en Ecclésiaste 5:11, mais la jouissance des grâces présentes - des choses qu'un homme possède, et dont il doit se contenter (Hébreux 13:5) ; et par « le vagabondage du désir », l'appétit avide et la convoitise insatiable de l'esprit cupide, qui élargit son désir comme le séjour des morts, après mille choses et tout ce qu'il peut concevoir : un tel esprit erre à travers la création entière, et convoite tout ce qui est sous le soleil. Or il vaut mieux jouir avec contentement des choses que l'on voit et que l'on possède, que de lâcher la bride à l'esprit en de vagues désirs après des choses que l'on n'atteindra peut-être jamais, et qui, atteintes, ne donneraient nulle satisfaction ;
cela aussi est vanité et rongement d'esprit - chose très vaine que de donner à l'esprit une telle licence et une telle liberté dans ses désirs sans bornes après les choses du monde ; et c'est un rongement d'esprit, pour un esprit si avide, de ne pouvoir obtenir ce qu'il désire tant.