Car qui sait ce qui est bon pour l'homme dans cette vie ? etc. Être dans une condition haute ou basse, vivre dans la grandeur ou dans la médiocrité, être riche ou pauvre, savant ou ignorant - puisque ce qui semble le plus agréable à la nature humaine s'accompagne de tant de vanité, est l'occasion de tant de péché, et s'achève si souvent en ruine et en misère, que nul ne sait ce qui lui est le meilleur ; le plus sage est donc de se contenter de ce que l'on a, d'en jouir de la manière la plus paisible, et d'en user aux meilleures fins que l'on peut. Le Targum porte :
« car qui est celui qui sait ce qui est bon pour l'homme en ce monde, sinon de s'appliquer à la loi, qui est la vie du monde ? »
de même le Midrash ;
pendant tous les jours de sa vaine vie, qu'il passe comme une ombre ? - ou « le nombre des jours de sa vaine vie, qu'il fait comme une ombre » : c'est-à-dire que Dieu fait comme une ombre, comme l'observe Cocceius - qu'il fait passer avec rapidité. C'est une description de la vanité, de la brièveté et de l'incertitude de la vie humaine : elle se compose de jours plutôt que de mois et d'années, et de jours aisés à compter, qui s'écoulent soudainement et rapidement, comme une ombre sans substance ni réalité, et qui ne laisse rien derrière elle ; ou comme un oiseau qui s'envole, selon Jarchi, et qu'on ne revoit plus : telle est la vie de l'homme - vie très vaine, la vanité même ; on peut ainsi traduire : « le nombre des jours de la vie de sa vanité ». Puis donc qu'il a si peu de temps pour jouir de quoi que ce soit, il est malaisé de dire ce qu'il lui est le meilleur de posséder - d'autant qu'il est entièrement ignorant de l'avenir ;
car qui peut dire à l'homme ce qui sera après lui sous le soleil ? - il ne le sait pas lui-même, et nul ne peut l'en instruire : ce que deviendront, après sa mort, la fortune et les richesses qu'il a amassées ; qui en jouira, combien de temps, et quel usage on en fera, pour son propre bien ou pour celui d'autrui.