Celui qui aime l'argent ne sera point rassasié d'argent, etc. La culture de la terre est nécessaire - occupation très louable et très utile, et les hommes font bien de s'y employer : sans elle, ni le commun peuple ni les plus grands personnages ne sauraient être pourvus des nécessités de la vie ; mais l'amour immodéré de l'argent est criminel - c'est lui qui est visé par l'amour de l'argent, cette espèce de monnaie qui, aimée sans mesure, est la racine de tous les maux ; et de plus, un homme en eût-il amassé tant qu'on voudra, il n'est point rassasié : il en veut toujours davantage, comme la sangsue sur la veine crie « Donne, donne » ; ou bien il ne peut manger son argent, selon Jarchi, ni « se nourrir de monnaie », comme traduit M. Broughton - et en cela les fruits de la terre, pour lesquels le laboureur travaille, l'emportent sur l'argent : car ceux-là, il peut les manger, s'en remplir et s'en rassasier, tandis qu'il ne peut manger ses sacs d'or et d'argent ;
ni celui qui aime l'abondance, avec le revenu - c'est-à-dire que celui qui convoite beaucoup des choses de ce monde ne sera point rassasié de leur accroissement, quel qu'il soit ; ou bien il n'aura « nul revenu », nul avantage de son abondance, ni n'en goûtera la consolation et le bénéfice ; ou encore : « celui qui aime l'abondance [d'où il n'est] nul revenu à espérer » - qui aime avoir autour de lui une multitude de gens, serviteurs et servantes, un grand équipage, comme le suggère Aben Ezra, lesquels sont de fort peu d'usage et de service, ou d'aucun ;
cela aussi est vanité - l'amour immodéré de l'argent, la convoitise de grands domaines et de grandes possessions, et d'un cortège de serviteurs. Jarchi interprète allégoriquement l'argent et l'abondance des commandements et de leur multitude.