Quand les biens se multiplient, ceux qui les mangent se multiplient aussi, etc. Quand la fortune d'un homme s'accroît, par le négoce ou autrement, il arrive fort souvent que sa famille s'accroît de même, et qu'il a plus de bouches à nourrir et de dos à vêtir ; ou, son bien grandissant, s'il vit selon son rang, il lui faut tenir plus de serviteurs - lesquels, ayant peu d'ouvrage, sont décrits par leur manger plutôt que par leur travail ; de plus, un homme qui monte ainsi dans le monde a plus d'amis et de visiteurs qui l'entourent et mangent avec lui, sans compter les pauvres qui attendent de lui ses aumônes ; et si ses fermes, ses champs et ses troupeaux s'agrandissent, il lui faut plus de laboureurs, de manœuvres et de bergers pour en prendre soin - qui tous doivent être entretenus. Ainsi Phéraulas, chez Xénophon, observe :
« que maintenant qu'il possédait beaucoup, il n'en mangeait, n'en buvait ni n'en dormait plus doucement ; ce que son abondance lui avait valu, c'était d'avoir plus de biens en garde et plus à distribuer aux autres ; plus de soucis et plus d'affaires, avec de la peine : car maintenant, dit-il, beaucoup de serviteurs me demandent leur nourriture, beaucoup leur boisson, beaucoup des vêtements ; certains ont besoin de médecins, etc. ; il faut de nécessité, ajoute-t-il, que ceux qui possèdent beaucoup dépensent beaucoup pour les dieux, pour les amis et pour les hôtes ; »
et quel avantage en revient-il à leurs possesseurs, sinon de les voir de leurs yeux ? - il peut aller dans ses terres, ses champs et ses prairies contempler ses troupeaux et ses bêtes, et dire : tout cela est à moi ; il peut entrer dans ses chambres, ouvrir ses trésors, et repaître ses yeux de ses sacs d'or et d'argent, de ses joyaux et de ses autres richesses ; il peut contempler une multitude de gens à sa table, mangeant à ses frais, et d'autres entretenus à ses dépens ; et s'il est libéral, il peut y trouver du plaisir - sinon, de la peine ; mais cela excepté, il ne jouit de rien de plus que la nourriture et le vêtement ; et souvent même ses propres serviteurs ont en quelque chose l'avantage sur lui, comme il suit. Le Targum porte :
« quel profit y a-t-il pour son possesseur qui l'amasse, s'il n'en fait le bien, afin de voir de ses yeux le don de la récompense dans le monde à venir ? »
Jarchi l'interprète de cette manière :
« quand les hommes apportent beaucoup d'offrandes volontaires, les prêtres se multiplient qui les mangent ; et quel avantage en revient-il à leur possesseur, le Seigneur, sinon la vue de ses yeux - lui qui dit, et sa volonté est faite ? »