Le sommeil du travailleur est doux, qu'il mange peu ou beaucoup, etc. Ou « du serviteur », qui jouit du sommeil à l'égal d'un roi ; du laboureur, selon Jarchi - lequel l'interprète aussi de celui qui sert le Seigneur, comme le Targum : un de ses bien-aimés, à qui il donne le sommeil (Psaume 127:2). Un sommeil réparateur a toujours été compté pour une grande grâce et une grande bénédiction, et les travailleurs le goûtent avec douceur : n'ont-ils que peu à manger au souper, venant las de leur ouvrage, le sommeil vient aisément quand ils se couchent, ils dorment profondément, et se lèvent au matin dispos, alertes et propres à l'ouvrage ; mangent-ils plus abondamment, leur labeur leur donne bonne digestion, et leur sommeil n'en est point troublé. En sorte que si l'on répondait à la question posée plus haut - qu'a le maître de plus que le serviteur, quoiqu'il mange et boive plus librement, du meilleur, et vive dans les délices ? -, on pourrait répliquer qu'en fait de sommeil, le travailleur a sur lui la préférence ; et il faut avouer que c'est là une grande bénédiction de la vie, souvent interrompue par l'excès du manger et du boire ;
mais la satiété du riche ne le laisse pas dormir - soit l'abondance de la nourriture qu'il mange, qui charge son estomac, remplit sa tête de vapeurs et le rend agité, en sorte qu'il ne peut trouver le sommeil, ou que celui qu'il trouve est fort pénible ; soit l'abondance de ses richesses, qui le remplit de soucis - que faire d'elles, comment les garder et les accroître - et de craintes - que des voleurs ne s'introduisent et ne les lui ravissent -, en sorte qu'il ne peut dormir tranquille. Le Targum porte :
« doux est le sommeil de l'homme qui sert le Seigneur du monde d'un cœur parfait ; et il aura le repos dans la maison de son sépulcre, qu'il vive peu d'années ou davantage, etc. ; »
et dans le même sens Jarchi, qui dit que c'est ainsi que la chose est interprétée dans un de leurs anciens livres, appelé Tanchuma.