Comme il est sorti nu du ventre de sa mère, il s'en retournera nu, s'en allant comme il était venu, etc. Ce qui peut s'entendre soit du riche avare, soit de son fils ; et à supposer même que ce qui vient d'être dit n'arrive ni à l'un ni à l'autre, mais qu'ils possèdent leur bien aussi longtemps qu'ils vivent - quand ils viendront à mourir, ils en seront entièrement dépouillés : de leur or et de leur argent, de leur vaisselle et de leurs joyaux, de leur riche mobilier, de leurs bêtes et de leurs possessions, fermes et domaines, qui ne sont plus à eux ; et de leurs vêtements mêmes, se retrouvant aussi nus qu'à leur entrée dans le monde - ce qui est en vérité le cas de tout homme (Job 1:21), et sert d'argument, et de fort puissant, contre l'avarice ;
et il n'emportera rien de son travail, qu'il puisse emporter en sa main - rien de son bien, acquis par son labeur et thésaurisé avec tant de soin : pas la moindre part n'en peut être emportée avec lui quand il meurt ; aucun de ses joyaux, aucun de ses sacs d'or et d'argent ; et si quelque chose de tout cela venait à être mis dans son tombeau - comme il s'est fait parfois aux funérailles de grands personnages -, cela ne lui serait d'aucun usage ni service, ni pour consoler et rafraîchir son corps, ni pour sauver son âme de l'enfer et lui procurer l'entrée de la gloire céleste (voir 1 Timothée 6:7 ; Proverbes 11:4). Le Targum allégorise ce passage d'une manière fort orthodoxe, et peu habituelle chez lui, en faveur du péché originel et contre la doctrine du mérite :
« comme il sort nu du ventre de sa mère, sans vêtement et sans aucun bien, ainsi s'en retournera-t-il pour aller à la maison de son sépulcre, dénué de mérite, comme il est venu en ce monde ; et il ne recevra de son labeur nulle bonne récompense à emporter dans le monde où il va, pour lui être un mérite en sa main. »