Il n'est point de fin à tout le peuple, à tous ceux qui furent avant eux, etc. Avant la génération présente, les vivants qui marchaient sous le soleil ; innombrables furent ceux qui vécurent avant eux, et ils étaient de la même humeur inquiète et changeante : versatiles dans leur affection et leur conduite envers leurs gouvernants ; point de fin à leur nombre, ni d'attachement stable pour leurs princes, ni de satisfaction durable en eux ; et cette démangeaison de nouveauté, ce désir d'avoir des princes nouveaux, passa d'âge en âge, de génération en génération. Certains l'entendent du roi et de son fils, du prédécesseur et du successeur, et de ceux qui les précédèrent, et de leur conduite envers les rois qui régnèrent avant eux : les peuples ne trouvent en leurs gouvernants ni leur fin ni leur contentement, mais demeurent inquiets - ce qui revient au même sens ;
et ceux qui viendront après ne se réjouiront pas non plus en lui - ceux qui viendront après la génération présente, après le prince régnant et même après son successeur, ne se réjouiront pas longtemps en celui qui occupera le trône après eux - pas plus que les sujets actuels du vieux roi, ou ceux qui font maintenant leur cour à l'héritier présomptif ; loin de se réjouir en lui, ils le prendront en dégoût et en mépris, et souhaiteront de le voir mort ou détrôné, et un autre à sa place.
Certainement, cela aussi est vanité et rongement d'esprit - pour un roi, de se voir ainsi traité par ses sujets : exalté et loué pour un peu de temps, puis méprisé et abandonné.