J'ai considéré tous les vivants qui marchent sous le soleil, etc. Tous les hommes alors en vie, capables de marcher sur la terre, tous ceux qui étaient sous les cieux, en tout pays et en toute nation, sous quelque domination ou gouvernement que ce fût : Salomon les avait particulièrement observés, eux et leurs mœurs, et en avait tiré ses remarques ; par où il paraissait combien l'esprit du peuple est inconstant sous tout gouvernement, et combien précaires et incertains sont l'honneur et la dignité des princes ;
avec le second, l'enfant qui se lèvera à sa place - l'héritier et successeur de chaque prince, qui se lèvera, prendra le trône de son père ou de son prédécesseur et régnera à sa place. Le sage observa comment le peuple se comporte communément envers lui : comment il lui est en général mieux affectionné qu'au prince régnant ; il adore le soleil levant, brigue sa faveur et son amitié, le flatte et le caresse, exprimant le souhait de le voir sur le trône, et traite avec négligence et mépris son souverain légitime. Certains, contre les accents, rattachent ceci au mot « marcher » : qui marchent avec le second enfant, se joignent à lui, conversent avec lui et lui rendent grand respect et grand honneur. D'autres entendent par ce second enfant l'enfant pauvre et sage qui succède au roi vieux et insensé - et dont pourtant, avec le temps, le peuple se lasse aussi : telle est la légèreté et l'inconstance des peuples, qu'ils ne demeurent pas longtemps contents de leurs princes, vieux ou jeunes, sages ou insensés. Le Targum interprète ceci de la prévision que Salomon eut, par esprit de prophétie, de ceux qui se révolteraient contre son fils Roboam, et de ceux qui s'attacheraient à lui, qui fut son second et régna à sa place. Noldius pense que Salomon se réfère à l'histoire de son ami Hiram, roi de Tyr, dont le royaume, de son temps et du temps de son fils, fut fort étendu, florissant et opulent, mais ne le fut plus sous un règne suivant ; et il traduit et paraphrase ainsi :
« “j'ai vu toutes les œuvres sous le soleil ; [avec] Baléazar, fils d'un ami” (Hiram - car le mot rendu par « second » équivaut à « ami »), “qui se tiendra”, ou régnera, après lui : “il n'est point de fin à tout le peuple”, » etc.
le royaume ayant été florissant sous ces deux règnes ; mais la postérité ne se réjouira pas en lui - en Abdastratus, petit-fils d'Hiram, mis à mort par les quatre fils de sa nourrice.