Ce qui a été est maintenant, et ce qui doit être a déjà été, etc. Ce qui fut dès le commencement est maintenant ; ce qui vient, et ce qui sera à la fin des jours, a déjà été, comme dit le Targum. Jarchi l'interprète de Dieu et de ses attributs, qui sont toujours les mêmes : il est le « Je suis celui qui suis » (Exode 3:14), l'immuable et éternel Jéhovah, qui est, qui était et qui vient, invariablement le même. Ou plutôt, cela désigne ses décrets et ses desseins : ce qui a été décrété dans son esprit éternel s'accomplit maintenant, et ce qui est futur a déjà été dans ses décrets ; rien n'arrive que ce qu'il a fixé. Ainsi l'interprète un ancien traité des Juifs :
« ce qui fut avant de venir au monde - en sorte qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil - est maintenant tenu de venir en ce monde, selon qu'il est dit : “avant que je te formasse dans le ventre, je te connaissais” (Jérémie 1:5). »
Cela se vérifie aussi des choses naturelles et de leur identité : de certains individus, comme le soleil, la lune et les étoiles, qui sont ce qu'ils furent toujours et seront toujours ; le soleil se lève et se couche comme il en a coutume, la lune croît et décroît comme elle l'a toujours fait, les étoiles gardent la même station ou la même course, et la garderont toujours. Les mêmes saisons reviennent à leur tour comme autrefois, et celles qui viendront ont déjà été : l'été, l'hiver, le printemps, l'automne, les semailles, la moisson, le froid, le chaud, la nuit et le jour ; les mêmes genres et espèces de créatures qui ont été sont, et celles qui seront ont déjà été - en sorte qu'il n'est rien de nouveau sous le soleil : c'est la même chose qui est exprimée ici qu'en Ecclésiaste 1:9 ;
et Dieu rappelle ce qui est passé - il requiert l'accomplissement de ses décrets et de ses desseins, passés dans son esprit ; le retour des mêmes saisons qui ont été, et l'existence des mêmes genres et espèces de créatures qui furent déjà. On peut aussi traduire : « et Dieu recherche ce qui est poursuivi », ou « persécuté » ; et le tout prend alors un sens différent : le prédicateur peut être considéré comme entrant sur un nouveau sujet, qu'il poursuit dans quelques versets suivants - l'abus du pouvoir et de l'autorité ; et le sens est alors : les mêmes actes d'injustice, de violence et de persécution se sont commis autrefois comme maintenant, et maintenant comme autrefois, et ce qui pourra s'en faire à l'avenir ne sera rien d'autre que ce qui a été ; dès le commencement il y eut persécution : Caïn haït son frère et le tua, à cause de sa bonté supérieure ; et il en a toujours été, il en est et il en sera toujours ainsi, que ceux qui sont selon la chair persécutent ceux qui sont selon l'Esprit ; mais Dieu fera enquête du sang et le redemandera des mains de ceux qui l'ont versé ; il recherchera le persécuté, le vengera et fera justice de son persécuteur. C'est ainsi que le Midrash, Jarchi et Alshech, et la version des Septante, rendent les mots ; de même la version syriaque : « Dieu recherche l'affligé, celui qui est chassé » ; et le Targum s'y accorde :
« et au grand jour qui sera, le Seigneur redemandera l'homme humble et pauvre des mains des méchants qui le persécutent. »
Et ce qui suit paraît confirmer ce sens.