Avant que le cordon d'argent se détache, etc. Comme ce qui précède décrit les symptômes et les infirmités de la vieillesse, ce verset décrit les signes immédiats de la mort - ce qui l'accompagne, ou y aboutit sûrement. Certains entendent par le « cordon d'argent » le filet de la langue ; et tel est le sens du Targum :
« avant que ta langue soit muette de parler ; »
et l'on fait valoir en faveur de ce sens que la défaillance de la langue est un signe non trompeur de la mort, dont il ne serait fait nulle mention en tout ce tableau, sinon ici ; et la langue peut assez proprement s'appeler un « cordon », tant par la notation du mot - parce qu'elle lie -, que parce qu'elle cingle comme une corde (Job 5:21), et qu'elle est comparée à l'argent (Proverbes 10:20) ; et dans ce verset, c'est plutôt de la tête que du dos qu'il s'agit. Mais le mieux est d'y voir le lien d'union entre l'âme et le corps : le Midrash et Jarchi, et les écrivains juifs en général, l'interprètent de la « spina dorsi », l'épine dorsale - ou plutôt de sa moelle, qui descend comme un cordon du cerveau, par le cou, tout au long de l'épine jusqu'à sa base, et d'où naissent les nerfs, fibres, tendons et filaments du corps, dont sa vie dépend pour beaucoup ; cette moelle épinière peut s'appeler « cordon » pour sa longueur, comme ce qui en naît ; et cordon d'« argent » pour sa couleur - elle demeure blanche après la mort même - et pour son excellence ; et l'on peut dire qu'il se « détache » quand se produit une dissolution des nerfs ou de la moelle, sur quoi suit une paralysie, souvent avant-courrière immédiate de la mort ;
que le vase d'or se brise - le Targum le rend par le sommet de la tête, et le Midrash l'interprète du crâne - fort justement ; ou plutôt il faut entendre la membrane intérieure du crâne qui contient le cerveau, appelée « pie-mère » ou « méninge » : dite vase pour sa forme ; vase « d'or » pour son prix, pour l'excellente liqueur de vie qu'elle contient, et aussi pour sa couleur ; or quand ce vase « se retire », selon la force du mot - se dessèche, se ratatine et se rompt -, tout mouvement animal s'arrête, et de là la mort ;
que la cruche se casse à la fontaine - non le fiel au foie, comme le Targum, que les anciens tenaient pour la source du sang ; mais par la « fontaine » il faut entendre le cœur, source de la vie, qui a deux cavités - l'une à droite, l'autre à gauche - d'où partent les veines et les artères qui portent le sang par tout le corps ; et il s'agit ici particulièrement du ventricule droit du cœur, origine et source des veines, lesquelles sont la cruche qui reçoit le sang et le transmet aux diverses parties du corps ; or quand elles sont brisées en éclats, selon la force du mot, ou cessent leur office, le sang y stagne, et la mort suit ;
et que la roue se rompe sur la citerne - le ventricule gauche du cœur, qui, par sa « diastole », reçoit le sang amené par les poumons, comme une citerne reçoit l'eau ; où, après une brève pause, il le passe, par sa « systole », dans la grande artère qui y est jointe - laquelle est la roue, l'instrument de rotation, qui, avec tous les instruments de pulsation, cause la circulation du sang, découverte au siècle dernier par notre compatriote le docteur Harvey, mais que Salomon, à ce qu'il paraît, connaissait bien ; or dès que cette roue se rompt, le pouls s'arrête, le sang cesse de circuler, et la mort suit. Pour l'interprétation des divers passages qui précèdent, je dois beaucoup aux écrivains juifs, comme aussi à Rambachius et à Patrick sur ces passages, aux « Miscellanées » de Witsius, et surtout à notre compatriote le docteur Smith, dans son « Portrait de la vieillesse », livre digne d'être lu sur ce sujet ; et il est dans le Talmud diverses observations qui s'y accordent.