On craint alors ce qui est élevé, etc. Non le Dieu très haut, au tribunal duquel il faudra bientôt comparaître, comme veulent certains ; mais plutôt les lieux élevés - collines, montagnes, tours, etc. -, où les vieillards craignent de monter, à cause de la débilité de leurs membres, de la gêne de leur souffle et des vertiges de leur tête ;
et l'on a des terreurs en chemin - ils ne se soucient plus de sortir, effrayés de la moindre pierre qui gît sur la route, de peur d'y broncher et de tomber ; certains l'entendent de leurs frayeurs des esprits, bons ou mauvais ; mais le premier sens est le meilleur ;
et l'amandier fleurit - que la plupart interprètent de la tête chenue, semblable à un amandier en fleur ; et comme celui-ci vient tôt au printemps - d'où son nom hébreu, qui dit la hâte (voir Jérémie 1:11,12) - et en est le signe assuré de la proche venue, ainsi les cheveux gris, la tête chenue, paraissent parfois fort tôt et à l'improviste, et sont l'indice certain de l'approche de la vieillesse - que Cicéron appelle « aetas praecipitata »,
« l'âge qui vient en hâte ; »
quoique la tête chenue, comme l'amandier, soit fort belle à voir et vénérable, surtout si elle se trouve dans la voie de la justice (Lévitique 19:32 ; Proverbes 16:31) ;
et la sauterelle devient un fardeau - soit qu'une sauterelle, si légère pourtant, sautant sur un vieillard, lui fasse mal - le moindre fardeau lui étant pénible ; soit que, s'il en mange une - les sauterelles étant une sorte de nourriture en Judée -, elle lui pèse sur l'estomac ; ou bien la sauterelle, bête recroquevillée et maigre, peut dépeindre le vieillard : jambes et bras décharnés ; épaules, dos et lèvres ratatinés et saillants - et la sauterelle de ce nom porte sur l'échine une bosse, comme un chameau ; Bochart rapporte que la tête du fémur, l'os de la hanche, s'appelle chez les Arabes « chagaba », le mot même employé ici pour la sauterelle - partie du corps d'un usage capital dans la marche, et que les vieillards trouvent fort pénible et difficile à mouvoir ; et Aben Ezra l'interprète de la cuisse ; l'amandier, chez les rabbins, comme le dit Jarchi, s'interprète de l'os de la hanche, qui saille dans la vieillesse ; et le Targum, de cette proposition et de la précédente :
« et le sommet de ton échine saillira, par maigreur, comme l'amandier ; et les chevilles de tes pieds seront enflées. »
Certains, comme l'observe Ben Melech, l'entendent du membre génital, et du commerce conjugal négligé et délaissé à cause de la faiblesse du corps, tous les désirs de cette sorte étant éteints, comme il suit ;
et le désir défaille - l'appétit : de la nourriture, des plaisirs du corps et des délices charnelles, et particulièrement de l'amour, toutes les parties du corps destinées à ces usages étant affaiblies. Les versions des Septante, de la Vulgate latine, syriaque et arabe traduisent : « le câprier se dissipera », ou « s'évanouira », ou « [son fruit] se ratatinera » ; ainsi le docteur Smith, qui l'entend du déclin des fluides, comme il entendait la proposition précédente des parties solides du corps ; et les baies de cet arbre passent pour exciter l'appétit et le désir ; Munster interprète pareillement le mot des baies du câprier ;
car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle - le sépulcre, comme dit le Targum, la maison assignée aux vivants, où il doit gésir jusqu'au matin de la résurrection ; sa maison éternelle, comme l'appelle Cicéron ; et l'on peut aussi traduire : « la maison du monde », commune à tout le monde, où va tout le genre humain ; ou « la maison de son monde » - de félicité ou de malheur, selon ce que sont son état et son caractère, bon ou mauvais ; Théognis l'appelle la sombre maison de l'« hadès », de l'état invisible - et il faut alors l'entendre de l'âme séparée et de sa demeure ; Alshech dit que chaque juste a une demeure à lui (voir Jean 14:2) ;
et les pleureurs parcourent les rues - les parents du défunt ; ou ceux qui vont dans leurs maisons pour les consoler ; ou les pleureurs et pleureuses gagés à cet effet.