Et où les deux battants se ferment sur la rue, etc. Le Midrash et Jarchi les interprètent des orifices du corps, suivis en cela par notre savant et ingénieux compatriote, le docteur Smith, qui y voit les entrées et sorties du corps, et par les « rues » les voies et passages par où va la nourriture - lesquels peuvent être dits fermés quand ils cessent leur office ; mais il paraît bien meilleur, avec Aben Ezra et d'autres, de les entendre des lèvres, parfois appelées les portes de la bouche (Psaume 141:3 ; Michée 7:5), qui s'ouvrent pour parler comme pour manger ; or chez les vieillards elles demeurent le plus souvent closes pour l'un et pour l'autre : ils ne se soucient guère de parler, à cause du désagrément de leur voix et de la difficulté d'élocution - le souffle court, les dents perdues ; ni de les ouvrir pour manger, faute d'appétit ; et en mangeant, ils sont contraints, faute de dents, de tenir les lèvres serrées pour retenir les aliments ; ils marmonnent des lèvres en parlant comme en mangeant, et, en public surtout, les vieillards n'aiment ni à parler ni à manger, pour la raison qui suit ; certains toutefois l'entendent plus littéralement : ils tiennent les portes de leurs maisons fermées et demeurent au-dedans, ne se souciant plus de sortir dans les rues à cause de leurs infirmités - ainsi le Targum :
« tes pieds seront liés d'aller par les rues ; »
quand baisse le bruit de la meule - que les écrivains juifs susdits, et après eux le docteur Smith, entendent de l'estomac broyant, digérant et cuisant les aliments, et des autres parties par lesquelles ils passent et de leurs offices ; mais le son ou la voix ne s'y accorde guère ; il faut donc plutôt l'entendre, comme ci-devant, du broiement des dents : leur perte fait qu'on n'entend plus, en mangeant, le bruit qu'on entend chez les jeunes gens, et la voix, en parlant, se fait plus basse ; le Targum porte :
« l'appétit de la nourriture s'éloignera de toi ; »
et où l'on se lève à la voix de l'oiseau - le vieillard, s'entend : le moindre bruit le tire du sommeil ; et comme il se couche généralement tôt, il se lève de bonne heure, au chant du coq ou avec l'alouette, sitôt qu'on entend la voix de cet oiseau ou de tout autre - particulièrement du coq, qui chante fort tôt et dont la voix s'entend la première, et que certains écrivains appellent par excellence l'oiseau qui appelle les hommes à leur ouvrage ;
et où s'affaiblissent toutes les filles du chant - soit celles qui font la musique et en sont les instruments : les poumons, le gosier, les dents, la bouche et les lèvres - ainsi le Targum et le Midrash ; soit celles qui la reçoivent : les oreilles et leurs diverses parties, leurs cavités, particulièrement le tympan et le nerf auditif ; toutes choses que la vieillesse altère, et qui deviennent fort impropres à faire de la musique comme à s'y plaire : la voix des chanteurs et des chanteuses ne pouvait plus être entendue avec plaisir par le vieux Barzillaï (2 Samuel 19:35). Ces propositions expriment la faiblesse que la vieillesse amène généralement sur les hommes ; les exceptions sont fort rares : tel Caleb, aussi fort à quatre-vingt-cinq ans qu'à quarante ; tel Moïse, dont la vigueur naturelle ne diminua point à cent vingt ans ; et tel encore Cyrus, qui, à soixante-dix ans et près de sa mort, ne pouvait s'apercevoir d'être plus faible que dans sa jeunesse.