Du reste, mon fils, sois averti par elles, etc. Roboam, fils de Salomon, peut être visé - c'est pour lui surtout que ce livre put être écrit ; quoiqu'on puisse y comprendre chaque auditeur de ce divin prédicateur, chaque disciple de ce docteur, chaque sujet de son royaume, comme chaque lecteur de ce livre, qu'il interpelle ainsi et pour qui il a la sollicitude d'un père pour son fils : afin qu'ils soient éclairés de la connaissance divine, mis en garde contre le mal, et avertis et conseillés vers le bien ; « par elles » - par ces paroles et ces écrits, les siens et ceux des autres sages, et par ces maîtres des assemblées, qui, eux et leurs paroles, viennent du seul et souverain berger : à celles-là ils feront bien de s'attacher, et à celles-là seulement, ou principalement. On peut traduire : « et ce qui est le plus excellent d'entre elles, sois-en averti » : observe ce qui est dit en Ecclésiaste 12:13 et tient en peu de mots - « crains Dieu », etc. ; et surtout Jésus-Christ, l'« Alpha » et l'« Oméga », la somme et la substance de toute la Bible - de ce qui était écrit au temps de Salomon et de ce qui l'a été depuis : il en est la partie la plus excellente, comme tout ce qui le concerne, en sa personne, ses offices et sa grâce ; ou encore : « et ce qui est au-delà », ou « en plus de celles-ci, garde-t'en » : ne t'embarrasse point d'autres écrits ; ceux-ci suffisent - tout ce qui est utile et de prix s'y trouve ; et quant aux autres, si tu les lis, lis-les avec soin et précaution, et seulement comme servant à expliquer ceux-ci et à promouvoir les mêmes fins et desseins - sinon, rejette-les ;
à faire beaucoup de livres, il n'est point de fin - beaucoup de livres, à ce qu'il paraît, s'écrivaient au temps de Salomon ; la démangeaison d'écrire était la même qu'aujourd'hui, peut-être ; mais ce qui s'écrivait n'était pas à mettre en balance avec les saints écrits - comparativement inutile et sans valeur. Ou le sens est : Salomon, ou tout autre, écrirait-il tant de volumes qu'on voudra, ce serait chose tout à fait superflue, et il n'y aurait point de fin à écrire, car ces livres ne donneraient ni satisfaction ni contentement - lesquels pourtant se trouvent dans la parole de Dieu, à laquelle il faut donc s'attacher étroitement ; quoiqu'on puisse l'entendre non seulement de faire ou composer des livres, mais de les acquérir, comme Aben Ezra - de les acheter et de se les approprier : un homme peut y mettre son argent et remplir sa bibliothèque, et n'en être guère plus avancé ; ce que l'un affirme, l'autre le nie ; ce que l'un semble avoir clairement prouvé, un autre se lève qui montre ses erreurs et ses méprises - d'où répliques et dupliques, en sorte qu'il n'est point de fin à ces choses, et guère de profit ; lequel, sans tant de peine, se peut trouver dans les écrits des sages inspirés de Dieu, où il faut se tenir contents ;
et beaucoup d'étude est une fatigue pour la chair - l'étude des langues, des arts et des sciences, et des divers sujets de philosophie et de théologie, particulièrement quand on écrit des livres sur ces matières : étude aussi fatigante pour le corps, et qui lui apporte autant de lassitude, que tout ouvrage manuel et mécanique ; elle dessèche les humeurs du corps, consume les esprits, altère insensiblement et par degrés la santé, et amène la faiblesse comme la lassitude. Certains traduisent « beaucoup de lecture », comme Jarchi, et de même M. Broughton ; et Aben Ezra observe que le mot a ce sens en langue arabe : le mot arabe « lahag » signifie désirer avidement une chose, s'y adonner avec avidité ; et il peut donc désigner ici cette sorte de lecture, ou l'homme qui est « helluo », un glouton de livres, comme on le disait de Caton ; or lire ainsi des livres, avec cette avidité et cette constance, est chose fort lassante et de peu de profit ; tandis que la lecture de l'Écriture égaie et rafraîchit l'esprit, et est profitable et édifiante. Gussetius l'interprète du beaucoup parler, des longs discours, qui lassent.