Les paroles des sages sont comme des aiguillons, etc. Comme l'aiguillon instruit le bœuf, dit le Targum. Non les paroles des sages philosophes de ce temps-là, ni des âges antérieurs ou postérieurs ; mais des écrivains inspirés des Écritures - Moïse, David, Salomon, et d'autres depuis -, et de tous les hommes de bien dont les doctrines s'y accordent : elles sont comme des « aiguillons », ces bâtons à pointe aiguë dont on pique et pousse le bétail quand on le mène de lieu en lieu ou qu'on laboure avec lui ; et d'un usage semblable sont les doctrines de la parole, quand une efficace divine les accompagne : moyens de piquer les pécheurs jusqu'au cœur, de leur découvrir leur bassesse et leur état de péché ; de la repentance et de la contrition ; de les réveiller du sommeil du péché au sentiment de leur danger, et jusqu'à les faire mourir - quant à leur propre sentiment des choses et à leurs espérances de vie par leurs propres œuvres -, comme les Philistins furent tués par Schamgar avec un aiguillon à bœufs (Juges 3:31 ; voir Actes 2:37 ; Osée 6:5) ; et elles servent aussi aux saints, comme aiguillons : pour les exciter, quand ils sont nonchalants, à l'accomplissement du devoir ; pour les réveiller, quand ils s'assoupissent, de leur sécurité charnelle ; pour les reprendre de leurs fautes, par des censures et des remontrances piquantes ; comme aussi pour les pousser à tendre à la perfection, eux qui sont enclins à s'asseoir et à s'arrêter, et pour les diriger à marcher droit devant eux, sans tourner ni à droite ni à gauche ;
et comme des clous plantés, les maîtres des assemblées - telles sont les vérités et doctrines de la parole quand elles ont une place dans le cœur et y deviennent la « parole entée » ; quand elles sont « plantées » dans l'âme, selon la force du mot ; quand elles sont fixées dans l'esprit et la mémoire, et y demeurent et habitent ; et comme des clous, enfoncés en quelque chose, fixent ce en quoi ils sont enfoncés, ainsi elles sont le moyen de fixer les âmes : de les faire s'attacher à Dieu et au Christ, à l'Église et à son peuple, et les uns aux autres, et à l'Évangile et à leur profession - en sorte qu'ils ne sont plus comme des enfants, ballottés çà et là, flottants et instables ; de tout quoi « les maîtres des assemblées » sont les instruments - c'est-à-dire les ministres et pasteurs des Églises : comme il y avait sous la loi des assemblées pour le culte, où servaient les prophètes, les prêtres et les lévites, il y a sous l'économie de l'Évangile des assemblées ou Églises, rassemblées et réunies pour le service de Dieu, et sur lesquelles président les ministres de la parole : établis sur les Églises dans le Seigneur, ils en ont la conduite - quoiqu'ils ne doivent ni dominer sur l'héritage de Dieu ni maîtriser la foi des fidèles, mais être les aides de leur joie, utiles aux choses susdites par leur ministère. Certains préfèrent traduire : « maîtres des collections » ou « des recueils », et pensent que cela peut viser leur cueillette des vérités dans les saintes Écritures, comme l'abeille cueille le miel sur les fleurs - par allusion à ceux qui recueillaient les sentences choisies et denses des autres, comme les gens d'Ézéchias (Proverbes 25:1) ; ou aux sous-bergers rassemblant les brebis au bercail, sur l'ordre du berger principal - lequel usait d'aiguillons pour chasser voleurs et bêtes sauvages, et de clous pour maintenir le bercail entier ; d'autres pensent que ce sont non les paroles, mais les maîtres des assemblées eux-mêmes qui sont comparés à des « clous », et lisent : « et les maîtres des assemblées sont comme des clous plantés » - bien établis, fermes et sûrs (voir Ésaïe 22:23) ; d'autres enfin n'y voient qu'une épithète des clous mêmes, et traduisent : « comme des clous fixés, qui sont lieurs » - de grands clous d'assemblage qui, plantés dans des planches, les serrent, les assemblent et les tiennent ensemble ; à quoi peuvent se comparer les paroles des sages, moyens de serrer et de tenir ensemble l'Église de Dieu, comparable à un bercail - d'où la mention du berger dans la proposition suivante ; ou de fixer sur elles l'attention des esprits, et de les retenir en mémoire, en sorte qu'on en parle comme de premiers principes et qu'on ne s'en écarte jamais. Mais afin que la gloire revienne, non aux ministres, les instruments, mais à la cause principale et efficiente, il est ajouté :
elles sont données par un seul berger - non Zorobabel, comme Grotius, ni Moïse, comme le Targum, Jarchi et Alshech ; mais le Christ, l'unique berger établi sur le troupeau, sous qui sont les maîtres des assemblées, les pasteurs des Églises (Ézéchiel 37:24 ; Jean 10:16) ; de qui ils tiennent leurs dons et leurs aptitudes, leur mission et leurs lettres de créance, et qui les donne aux Églises, comme pasteurs et docteurs, pour les paître (Éphésiens 4:10,11 ; Jérémie 3:15) ; et de qui ils tiennent leur nourriture - l'Évangile et ses doctrines - pour en paître les troupeaux confiés à leurs soins (Jean 17:8 ; 21:15-17) ; sans exclure pourtant Dieu, le Père du Christ, par qui toute l'Écriture est inspirée, ni l'Esprit, par qui les saints hommes de Dieu ont parlé, poussés par lui (2 Timothée 3:16 ; 2 Pierre 1:21).