Si les nuées sont pleines de pluie, elles la versent sur la terre, etc. Elles ne la retiennent pas - triste serait le sort de la terre si elles le faisaient ; mais elles la laissent descendre doucement, mollement, en pluies abondantes sur chaque partie de la terre sans distinction, par quoi elle est rafraîchie et rendue fertile ; et elles n'y perdent rien, car elles puisent de nouveau de grandes quantités d'eau à l'océan, et répondent ainsi constamment aux fins pour lesquelles elles furent établies. De même les riches, pleins des biens de ce monde, ne doivent pas les garder pour eux seuls ni pour leur seul usage, mais considérer qu'ils sont dispensateurs sous Dieu et pour autrui ; et, semblables aux nuées pleines, se vider - donner à ceux qui manquent de ce que Dieu leur a donné, librement et gaiement, largement et abondamment, et sans acception de personnes, à l'imitation de leur Dieu et Créateur, qui fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes (Matthieu 5:45) ; et de tels hommes, à l'issue, n'y perdent rien, mais y gagnent : ils se remplissent aussi vite qu'ils se vident ;
et si l'arbre tombe vers le midi ou vers le nord, à l'endroit où l'arbre tombe, là il demeure - où la semence tombe et croît en plante puis en arbre, là il demeure, au nord ou au midi, et porte du fruit en conséquence, et tel qu'il est les hommes en mangent ; à quoi tend la note de Jarchi, qui l'applique au disciple d'un sage, utile au lieu où il est, non seulement de son vivant, mais après sa mort ; ou : où le fruit de l'arbre tombe, « là ils sont » - Aben Ezra lit la dernière proposition au pluriel : là se trouvent assez de gens pour ramasser le fruit ; et de même, où est un riche, il y a autour de lui assez de pauvres pour avoir part à ses largesses. Ou bien : comme, lorsqu'un arbre est abattu, où qu'il tombe il demeure et ne porte plus de fruit, ainsi l'homme retranché par la mort demeure tel qu'il était alors : s'il est homme de grâce et a fait le bien, il est comme l'arbre tombé au midi - il entre dans le paradis de Dieu, les joies du ciel ; sinon, il est comme l'arbre tombé au nord - il passe dans un état de ténèbres, de misère et de détresse (voir Apocalypse 22:11,14,15) ; ou du moins il n'est plus d'aucune utilité en ce monde ; c'est pourquoi il sied de faire tout le bien qu'on peut dans la santé et la vie, puisqu'il n'en est plus à faire dans le sépulcre où l'on va. Ou encore le sens est : comme, lorsqu'un arbre tombe, au midi ou au nord, peu importe au propriétaire - il gît là, et lui est du même profit -, ainsi un acte de bienfaisance, fait à quelque objet que ce soit, digne ou indigne, dès lors qu'il est fait en vue de la gloire de Dieu et du bien des hommes, ne perdra pas sa récompense : réponse à l'objection de ceux qui refusent de donner sous prétexte qu'ils ne savent si l'objet proposé le mérite. Certains pensent toutefois que ces expressions figurées disent la même chose que la fin d'Ecclésiaste 11:2 : que les maux et les calamités peuvent fondre sur les hommes comme de lourdes averses qui emportent tout, ou comme les orages et les tempêtes de pluie, de tonnerre et d'éclairs, qui abattent les arbres et les font tomber au nord ou au midi ; et qu'ainsi, par un jugement ou par un autre, les hommes peuvent être dépouillés de tout leur bien - raison de plus d'en user pendant qu'ils l'ont.