Le vent va vers le midi, puis tourne vers le nord, etc. Le mot « vent » ne figure pas dans cette première proposition du texte original ; il est emprunté à la suivante, en sorte qu'on pourrait traduire : « il va vers le midi », etc., c'est-à-dire le soleil dont il vient d'être parlé. Dans sa course diurne et nocturne, le soleil va le jour vers le midi et la nuit vers le nord ; et dans sa course annuelle, il va vers le midi avant le solstice d'hiver et vers le nord avant le solstice d'été, comme l'observent les interprètes. Le Targum rapporte au soleil non seulement cette proposition, mais le verset entier, qu'il paraphrase ainsi :
« il va tout le côté du midi pendant le jour, et fait le tour vers le côté du nord pendant la nuit, par le chemin de l'abîme ; il accomplit son circuit et vient au vent de l'angle du midi dans la révolution de Nisan et de Tammuz ; et par son circuit il retourne au vent de l'angle du nord dans la révolution de Tisri et de Tébet ; il sort des confins de l'orient au matin, et entre dans les confins de l'occident au soir. »
Aben Ezra entend cependant le tout du vent, comme notre version et d'autres encore : le vent, qui se trouve tantôt au point méridional des cieux, est aussitôt au septentrion ;
il tournoie sans cesse, et le vent revient selon ses circuits - ce que l'on peut entendre des circuits du soleil, dont l'influence sur le vent est grande, puisqu'il le lève souvent au matin et l'apaise au soir ; mais c'est bien le vent lui-même qui tournoie et passe par tous les points de la boussole, puis retourne d'où il est venu, là où sont ses trésors. La définition que Platon donne du vent s'accorde avec le propos de Salomon :
« le vent est le mouvement de l'air autour de la terre. »
Ceci illustre encore la rotation des hommes et des choses - l'instabilité, l'inconstance, l'agitation de toutes les jouissances d'ici-bas ; l'inutilité des labeurs des hommes qui, en peinant pour les richesses, les honneurs et la connaissance naturelle, peinent pour du vent et se remplissent le ventre du vent d'orient, qui ne peut rassasier (Ecclésiaste 5:16 ; Job 15:2) ; ainsi que la fragilité de la vie humaine, semblable au vent qui passe et ne revient pas - encore qu'à cet égard, comme dans les autres exemples, le vent surpasse l'homme, puisqu'il retourne à sa place et que l'homme n'y retourne pas (Job 7:7 ; Psaume 78:39).