Le soleil se lève, le soleil se couche, et il se hâte vers le lieu d'où il se lève. Le soleil se lève au matin et se couche au soir dans notre hémisphère, selon l'apparence des choses ; puis il se hâte de parcourir l'autre hémisphère durant la nuit. Il « halète », selon la force du mot - figure qu'emploient aussi d'autres écrivains -, comme un homme hors d'haleine à force de courir : cet astre glorieux, qui se réjouit comme un vaillant homme de fournir sa course, et dont le circuit va d'une extrémité des cieux à l'autre (Psaume 19:5,6), a hâte de regagner le lieu où il s'est levé le matin ; et là, sans s'arrêter, il reprend sa course sur la même voie. Cet exemple illustre la succession des générations humaines, qui se suivent comme se suivent sans cesse le lever et le coucher du soleil ; il figure aussi l'état sans repos des choses de ce monde qui, comme le soleil, ne s'arrêtent jamais, mais sont toujours en mouvement et poursuivent rapidement leur course ; et pareillement la condition changeante de l'homme qui, semblable au soleil levant puis au soleil de midi, connaît des circonstances florissantes et le comble de la prospérité, puis, comme l'astre décline et se couche, connaît à son tour ses temps de déclin et ses jours d'adversité. Enfin, tel le soleil levant, l'homme entre en ce monde et y paraît un temps ; puis, tel le soleil couchant, il meurt - à cette différence près, qui donne au soleil l'avantage sur lui, comme la terre l'avait auparavant : le soleil se hâte et revient au lieu d'où il s'était levé, tandis que l'homme se couche pour ne plus se relever tant que les cieux subsisteront, et ne revient jamais à sa place en ce monde, qui ne le connaît plus (Job 7:10 ; 14:12). Les Juifs disent : avant que ne se couche le soleil d'un juste, se lève le soleil d'un autre juste.