Et j'ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse, etc. Comme il eut tous les avantages et toutes les occasions, l'industrie et l'application ne lui manquèrent pas non plus pour acquérir la connaissance : il y appliqua son esprit ; il prit la résolution de ne se laisser décourager par aucune difficulté, mais de les surmonter toutes, s'il se pouvait ; il se mit à l'œuvre avec un entier empressement ; il avait en main le prix pour acquérir la sagesse, et il avait du cœur à l'ouvrage (voir Proverbes 17:16) ; et il la poursuivit en toute diligence, de toutes ses forces. Il ne se contenta pas non plus d'une connaissance superficielle des choses : il « sonda » le savoir le plus caché et le plus abstrus, et pénétra jusqu'en ses derniers replis, pour découvrir tout ce qui se pouvait connaître ; et cela « par » l'usage de toute la « sagesse » et de toute la sagacité, de toute la lumière et de toute la force de la raison, de tous ces dons naturels éclatants que Dieu lui avait départis d'une manière si extraordinaire. Et son enquête fut des plus étendues ; elle porta
sur tout ce qui se fait sous les cieux - sur la nature de toutes choses, animées et inanimées : arbres, herbes, plantes, fossiles, minéraux et métaux ; bêtes, oiseaux, poissons et tout ce qui rampe (voir 1 Rois 4:33), avec tout ce que la nature renferme encore. Il chercha à se rendre maître de tous les arts et de toutes les sciences ; à connaître tous les métiers et toutes les manufactures ; à entendre tout ce qui regarde la politique, les royaumes, les États et leur gouvernement ; à observer toutes les actions des hommes, sages et insensés, pour en connaître la différence et juger du bien et du mal. Et voici son observation sur le tout :
c'est là une occupation pénible que Dieu a donnée aux fils des hommes pour qu'ils s'y exercent - il trouva par expérience que c'était une lourde tâche que Dieu avait imposée aux enfants des hommes, que d'acquérir la sagesse et la connaissance par la voie où elles doivent s'acquérir : voie fort pesante et lassante pour la chair. Bien plus, il trouva que c'était une « occupation mauvaise », comme on peut traduire - qu'il s'y mêlait quelque chose de coupable et de criminel, où Dieu laisse tomber les hommes dans leur poursuite du savoir, et à quoi leurs études les exposent : s'abandonner à une curiosité vaine et coupable, scruter des choses illicites, vouloir être sage au-delà de ce qui est écrit ; ou mettre à l'acquisition de la connaissance naturelle une ardeur excessive, au détriment de choses de plus grande conséquence ; ou abuser du savoir acquis, y mettre sa confiance, s'en enorgueillir vainement et s'en laisser enfler. On peut aussi l'entendre du mal de la peine, que Dieu inflige aux hommes pour le péché d'avoir mangé de l'arbre de la connaissance : de même qu'il est condamné à gagner son pain à la sueur de son front, il doit ainsi gagner sa connaissance, c'est-à-dire au prix de grandes peines et de grands labeurs, qui autrement se fût obtenue plus aisément. Mais Dieu en a disposé ainsi pour « affliger » ou pour « humilier » les hommes, comme le mot peut se rendre : pour les affliger ou les châtier à cause du péché, et pour les humilier en leur montrant combien sont faibles les puissances et les facultés de leur esprit, puisqu'il faut tant de peine pour acquérir une si petite part de connaissance. Le Targum porte :
« et je vis toutes les œuvres des enfants des hommes assujetties à une occupation mauvaise ; le Seigneur l'a donnée aux enfants des hommes pour qu'ils en soient affligés. »