On ne se souvient plus des choses anciennes, etc. Et voilà pourquoi certaines choses réellement anciennes passent pour nouvelles : soit que la mémoire des hommes leur fasse défaut - ils ne se rappellent pas les coutumes et usages du premier temps de leur propre vie, maintenant qu'ils sont vieux -, soit qu'ils ignorent celles des âges passés, faute d'histoire ou par le défaut de celle qui existe : ou bien ils n'ont aucune histoire, ou bien celle qu'ils ont est fausse ; et fût-elle vraie - il en est fort peu qui le soient -, elle est très lacunaire, et parmi tant de choses advenues, bien peu ont été transmises à la postérité ; de sorte que la mémoire s'en est perdue. Qui donc pourrait affirmer avec certitude de quoi que ce soit : ceci est nouveau, et n'a jamais été connu dans le monde ? Et il en ira de même, à l'avenir, des choses présentes (voir Ecclésiaste 2:16) ;
et l'on ne se souviendra pas davantage des choses à venir chez ceux qui viendront après - tel sera le sort des choses présentes et futures : elles seront ensevelies dans l'oubli et demeureront inconnues de la postérité qui viendra après elles ; et si quelqu'un se lève et refait les mêmes choses, on pourra les dire nouvelles, quoiqu'elles soient anciennes en réalité, faute de savoir qu'elles existèrent auparavant. Le Targum porte :
« il n'y a point de souvenir des générations anciennes ; et des dernières mêmes, qui seront, il n'y aura point de souvenir chez les générations qui seront aux jours du Roi Messie. »
R. Alshech l'interprète de la résurrection des morts.