Est-il une chose dont on puisse dire : vois, ceci est nouveau ? etc. C'est un appel adressé à tous les hommes pour attester la vérité de l'observation qui précède, et qui renferme une négation vigoureuse qu'il y ait rien de nouveau sous le soleil ; c'est une invitation à en examiner la vérité, à l'éprouver à fond, et à voir si l'on peut y opposer quelque objection sérieuse. Que l'on regarde le monde naturel : on y verra les mêmes causes naturelles produire les mêmes effets ; le monde moral : on y trouvera les mêmes vertus et leurs contraires ; le monde politique : les mêmes desseins s'y forment et s'y poursuivent, pour aboutir aux mêmes issues, la paix ou la guerre ; le monde savant : les mêmes langues, les mêmes arts et les mêmes sciences s'y enseignent et s'y apprennent, et les mêmes choses s'y redisent ; le monde des métiers enfin : les mêmes commerces et les mêmes occupations s'y poursuivent. On peut aussi prendre ces paroles comme une concession, revêtant la forme d'une objection : « il est une chose dont on peut dire », ou dont un homme pourrait dire, « vois, ceci est nouveau » - ainsi le Targum ; il y avait au temps de Salomon, on l'accorde, certaines choses que l'on pouvait objecter, comme il y en a au nôtre ; à quoi la réponse est :
cela était déjà dans les siècles qui nous ont précédés - ce que l'on tient pour nouveau ne l'est pas : ces choses étaient connues et en usage dans les âges passés, longtemps avant que nous fussions. R. Alshech tient ces paroles pour une assertion et non pour une interrogation, et les interprète d'un temple spirituel du temps à venir - lequel fut pourtant créé avant que le monde fût.