Quatorzième discours
L'auteur, dans les versets précédents, a montré les dangers auxquels s'expose celui qui écoute la voix de la femme infidèle. Il traite ici le même sujet. Mais, pour chercher à frapper davantage, il raconte, après un court préambule (versets 1 à 5), un fait d'observation (versets 6 à 23) ; après quoi il conclut en peu de mots (versets 24 à 27). La forme narrative à laquelle il a recours ici est quelque chose de nouveau. Beaucoup d'interprètes anciens ont vu dans ce chapitre la personnification, sous les traits de la femme adultère, de la Folie, de ce redoutable pouvoir, en tout opposé à celui de la sagesse et qui mène à la mort, comme elle à la vie. Mais cette femme se présente sous des traits trop précis et sous une figure trop concrète pour que nous soyons en droit de ne voir en elle qu'une allégorie. Ce ne sont pas des abstractions personnifiées qui s'offrent au regard : c'est le portrait, tracé avec relief et vigueur, d'une créature réelle, dont l'influence malfaisante est redoutable entre toutes.
On est surpris que le livre des Proverbes ne mette que les jeunes gens en garde contre l'impureté, et ne les mette en garde que contre les relations avec des femmes mariées. Rappelons que le propre de toute saine éducation est de veiller aux premiers pas, aux débuts dans la vie ; puis, qu'en Orient les jeunes filles étaient en quelque sorte cloîtrées, tandis que le mariage donnait une liberté dont il était facile d'abuser. Peut-être aussi l'auteur se souvient-il du septième commandement, qui, de tous les péchés d'impureté, condamne le plus grave, celui qui renferme tous les autres en lui.
La prunelle de tes yeux. En hébreu : le petit homme de tes yeux, parce que la pupille reproduit le portrait en petit de celui qui se trouve placé en face d'elle (pupille : poupée). En grec un même mot (koré) signifie jeune fille et prunelle. Sur le sens de cette expression : garder comme la prunelle, voir Zacharie 2.8.