« Fais donc ceci, mon fils, et dégage-toi » - Suis le conseil qui suit, le meilleur qu'on puisse donner en pareille circonstance, pour être libéré d'une telle obligation, ou du moins être tranquille sous elle.
« puisque tu es tombé dans la main de ton prochain » - Ou « parce que tu es tombé dans la main de ton ami », comme le Targum ; ou « quoique tu sois », comme Aben Ezra. Ce qui peut s'entendre soit du créancier envers qui on s'est obligé, soit du débiteur pour qui on s'est obligé, soit des deux - car la caution est au pouvoir des deux : au pouvoir du créancier, qui peut lui réclamer le paiement ; et au pouvoir du débiteur, qui, s'il est négligent, ou retors et malhonnête, peut lui laisser la dette sur les bras. La Septante et l'arabe : « car tu es tombé aux mains d'hommes mauvais pour ton ami » ; et le syriaque : « puisque pour ton ami tu es tombé aux mains de ton ennemi » - il faut donc en tirer le meilleur parti possible, de la façon suivante :
« va, jette-toi à ses pieds » - Devant le créancier : prosterne-toi devant lui ; couche-toi à terre pour être foulé, comme le mot [124] le signifie ; mets-toi à genoux et supplie-le de te libérer de l'engagement, ou d'accorder un délai si l'échéance est venue ; car tu es entre ses mains, et il n'y a pas moyen de le prendre de haut : c'est l'humilité, non la morgue, qui a des chances de servir en pareil cas.
« et presse ton prochain » - Celui pour qui tu t'es porté caution, comme ajoutent le syriaque et l'arabe : sollicite-le, comme traduit le premier ; aiguillonne-le, comme la Septante ; secoue-le, presse-le de payer vite la dette et d'éteindre l'engagement, ou de te donner garantie et décharge. Ou « fais valoir ton ami » [125] auprès du créancier : présente-le comme un homme solvable et sérieux, honnête et fidèle, qui paiera à temps ; certains comprennent : parle en bien du débiteur à ton ami, pour le calmer et l'apaiser. Ou « multiplie tes amis » [126] : rassemble le plus d'intercesseurs possible, et fais-toi décharger de l'obligation d'une manière ou d'une autre - c'est le sens de Jarchi.
Notes
[124] sprth « conculca te », Montanus ; « calcandum te praebe », Junius & Tremellius, Piscator ; de même Gersom et Jarchi.
[125] Æy[r bhr « magnifica amicum tuum », quelques-uns chez Vatablus ; de même Mercerus, Gejerus.
[126] « Multiplica amicos tuos », version tirée de Jarchi.