« Mais le sentier des justes est comme la lumière resplendissante » - Le « juste » est celui qui est rendu juste par la justice de Christ qui lui est imputée ; qui est créé de nouveau en Christ, dans la justice et la vraie sainteté ; et qui, sous l'influence de la grâce divine, vit dans la sobriété, la justice et la piété. Le « sentier » où il est dirigé et où il marche, c'est Christ lui-même - le chemin, la vérité et la vie : par son sang, sa justice et son sacrifice, il va à Dieu pour la grâce et la miséricorde, la paix, le pardon et l'acceptation, pour de nouvelles provisions de grâce et pour jouir de sa communion ; lui qui est aussi le chemin du salut, de la vie et du bonheur éternels. Et outre ce sentier principal, il y a les sentiers de la vérité, de la justice et de la sainteté ; le sentier du devoir et de l'obéissance ; la voie des commandements de Dieu et des ordonnances de Christ. Ce sentier où il marche - de grâce ou de devoir - est « comme la lumière resplendissante » : celle du matin, quand le jour point, ou du moins quand le soleil se lève. Telle est la lumière reçue à la première conversion, qui dirige les hommes dans les sentiers qu'on vient de dire : lumière après une nuit de ténèbres - tel est l'état de non-régénération ; d'abord vacillante, puis claire et brillante, surtout quand Christ, le soleil de justice, paraît et se révèle comme l'espérance de la gloire. La première grâce de la conversion est une « lumière véritable qui luit » (1 Jean 2:8), par laquelle l'âme voit sa propre laideur et sa souillure, l'insuffisance de sa propre justice, et la plénitude, la convenance et la capacité de Christ comme Sauveur, avec quelque discernement des vérités de l'Évangile.
« dont l'éclat va croissant jusqu'au plein jour » - Ou « allant et brillant » [96], « éclairant » : elle brille de plus en plus clair. Ainsi de la vraie grâce : elle croît et augmente sans cesse - chaque grâce : la foi, l'espérance, l'amour, la patience, l'humilité ; la lumière de la connaissance de Christ, le chemin, imparfaite mais capable de croître, croît par le ministère de la Parole et des ordonnances - croissance que Dieu a promise, que les saints poursuivent et qu'ils obtiennent. La lumière sur l'Évangile et ses doctrines augmente encore et encore, et l'âme marche par elle agréablement, paisiblement et sûrement dans le droit sentier, « jusqu'au jour parfait » de la gloire - un jour sans nuages : quand rien ne s'interposera plus entre Dieu et eux ; quand il n'y aura plus de nuages de ténèbres, d'incrédulité, de doutes et de craintes ; quand le soleil sera toujours visible, jamais plus retiré, éclipsé ni couché - Christ, le soleil de justice, dont les justes contempleront la gloire à toute éternité ; quand il n'y aura plus de nuit d'affliction, d'abandon et de mort ; quand la lumière de la connaissance sera claire et parfaite, que les saints verront face à face et connaîtront comme ils ont été connus ; et quand non seulement leur lumière sera claire et parfaite, mais qu'eux-mêmes resplendiront comme le soleil dans le royaume de Dieu. On peut aussi traduire « le jour préparé » [97] : fixé dans les décrets de Dieu et fermement établi par eux ; les gloires invisibles de l'état céleste, qui font ce jour éternel, sont les choses que Dieu a préparées pour son peuple ; le royaume et la gloire, l'héritage des saints dans la lumière, leur sont préparés dès la fondation du monde. Et puisque tel est le sentier des justes, qui voudrait marcher dans les voies des méchants ? Elles en sont l'exact inverse, comme suit.
Notes
[96] rwaw Ælwh « vadens et illuminans », Montanus ; « ambulans et lucens », Gejerus ; « pergens et lucens », Michaelis ; « procedens et lucens », Schultens.
[97] µwyh ˆwkn d[ « usque ad paratum diem », Pagninus, Montanus.