Le chemin de l'aigle dans les cieux : et de même de tout autre oiseau ; mais celui-ci est mentionné parce qu'il vole le plus vite et s'élève le plus haut ; mais le chemin qu'il suit n'est pas connu, et l'œil ne peut le voir ; il fend l'air et le traverse, mais ne laisse derrière lui aucune trace qu'on puisse montrer en disant : voilà le chemin que l'aigle a pris en s'envolant vers le ciel, hors de vue ;
le chemin du serpent sur le rocher ; un rocher lisse et dur ; et il est merveilleux qu'il y rampe sans pattes, et qu'il n'y laisse aucune empreinte, aucune trace de pas par laquelle on puisse le suivre, comme on le peut dans les endroits mous et sablonneux ;
le chemin d'un navire au cœur de la mer ; il est étonnant qu'un tel vaisseau soit porté sur la mer ; qu'il résiste à ses orages et à ses tempêtes ; qu'il soit dirigé à travers l'océan sans routes vers des pays lointains ; et, en particulier, bien qu'il creuse des sillons dans les eaux et fende les vagues, celles-ci se referment aussitôt, et l'on ne voit aucun sentier par où il passe ; il n'y a pas de route battue faite par lui, ni par le grand nombre de ceux qui suivent le même chemin, qu'un homme puisse voir de ses yeux ou suivre ;
et le chemin de l'homme vers la jeune fille ; ou « avec la jeune fille » ; les nombreux moyens et artifices qu'il emploie pour s'introduire dans sa compagnie, elle qui est tenue recluse ; pour lui faire connaître les sentiments et les affections de son cœur, gagner son amour et l'obtenir honorablement en mariage ; ou pour la séduire et la tromper, et l'entraîner dans des embrassements impurs et illicites ; cela peut désigner la manière privée et secrète de commettre la fornication avec elle ; sens qui semble confirmé par Proverbes 30:20. Certains anciens, Ambroise en particulier, ont interprété tout ce verset du Christ : « le chemin de l'aigle dans les cieux », de son ascension au ciel avec les hommes, sa proie, arrachés de la gueule de l'ennemi ; chose qui dépasse la compréhension des hommes, qu'un être d'une si grande majesté ait daigné descendre du ciel ou y remonter ; « le chemin du serpent sur le rocher », il l'entend des tentations de Satan, l'ancien serpent, par lesquelles il attaqua le Christ, le Rocher, mais sans pouvoir y imprimer aucune trace de sa malice et de sa méchanceté ; il ne put rien trouver en lui sur quoi agir, ni laisser aucun signe derrière lui, comme sur Adam ; « le chemin d'un navire au cœur de la mer », il l'interprète de l'Église, qui, bien que tourmentée par les orages et les tempêtes de la persécution et de la fausse doctrine, ne peut pourtant faire naufrage, le Christ étant en elle ; et le dernier membre, il le rend comme la Vulgate latine : « et le chemin de l'homme dans sa jeunesse », qu'il explique des voyages que fit le Christ et des voies de vertu qu'il suivit pour faire du bien aux corps et aux âmes des hommes, et qui sont trop nombreux pour être comptés. Mais on peut mieux l'interpréter de la merveilleuse incarnation du Christ, de sa conception et de sa naissance d'une vierge ; chose nouvelle et inouïe, dont le mode et la manière sont tout à fait impénétrables, et plus difficile à comprendre qu'aucune des autres ; car les mots peuvent se rendre : « le chemin d'un homme dans une jeune fille » ou « une vierge » ; c'est-à-dire la conception du Guéber, l'homme fort, dans la vierge (voir Jérémie 31:22). Gussetius donne le sens mystique de l'ensemble comme se rapportant à l'ascension du Christ ; à sa sortie du sépulcre de pierre ; à sa conversation parmi le peuple, semblable aux vagues tumultueuses ; et à son incarnation d'une vierge.