« Mon fils, qu'elles ne s'éloignent pas de tes yeux » - Non pas les œuvres faites par la Sagesse - encore qu'il soit bon de contempler ses œuvres de création et de providence, qui font éclater la gloire de Christ, portent à l'adorer et à l'admirer, et à lui rendre grâces - mais la sagesse, l'intelligence et la connaissance par lesquelles ces choses ont été faites, qui sont autant de noms de Christ. Il faut toujours le mettre devant soi, le garder toujours en vue, regarder sans cesse à lui par la foi, et ne jamais le laisser s'éloigner de nos yeux : avoir toujours en vue sa Personne divine pour notre acceptation auprès de Dieu, sa grandeur et sa gloire pour encourager notre foi et notre espérance en lui ; garder en vue sa justice pour notre justification - la rappeler sans cesse au trône de la grâce, et la présenter de la main de la foi contre toutes les accusations de la loi et de la justice, de Satan et de notre propre cœur ; regarder continuellement à son sang pour la paix et le pardon, la guérison et la purification ; avoir en tout temps les yeux sur sa plénitude, pour de nouvelles provisions de grâce, pour la nourriture spirituelle - le pain quotidien de nos âmes - et pour la force et la consolation ; le considérer toujours comme le Sauveur, et exercer la foi sur lui comme tel, car il n'y en a pas d'autre ; le regarder toujours comme le Médiateur entre Dieu et les hommes, et recourir à lui ; l'avoir toujours devant nous comme notre modèle, dans l'exercice de la grâce et l'accomplissement du devoir, pour le copier ; et le garder en vue tout au long de notre course chrétienne, comme le précurseur entré pour nous, et comme le but, pour le prix de la vocation céleste de Dieu. Et pas seulement la Sagesse, c'est-à-dire Christ, mais tout ce qui est dit de lui dans le contexte, il ne faut jamais le perdre de vue : le gain immense qu'on trouve en lui, son prix incomparable, la plénitude de bénédictions dans ses deux mains, l'agrément et la paix de ses voies, son utilité d'arbre de vie pour ceux qui le saisissent et le retiennent, et les œuvres de la nature et de la providence faites par lui (Proverbes 3:14-20). On peut y comprendre aussi toutes les vérités et doctrines de la Sagesse, c'est-à-dire de Christ : si la loi et ses préceptes devaient être sur les mains des Israélites et comme des fronteaux entre leurs yeux, donc toujours en vue, combien plus les doctrines de l'Évangile (Deutéronome 6:8-9). On remarquera que la Septante emploie ici le même mot que l'apôtre en Hébreux 2:1, à propos des vérités de l'Évangile (voir le commentaire d'Hébreux 2:1) ; ce sont elles que vise la phrase suivante ; certains, par transposition, lisent : « que la sagesse solide et la réflexion ne s'éloignent pas de tes yeux ; garde-les ».
« garde la sagesse solide et la réflexion » - La sagesse solide, c'est la saine doctrine, les paroles salutaires de Christ, les vérités solides et substantielles de l'Évangile. La Vulgate traduit « garde la loi » ; mais le syriaque, bien mieux : « garde ma doctrine », la doctrine de l'Évangile ; c'est elle aussi que désigne la « réflexion », ou le « conseil » [76], comme certains traduisent - nom que porte l'Évangile (Actes 20:27). Il faut la garder : tenir ferme ses doctrines sans les lâcher ni s'en écarter ; et observer ses ordonnances telles qu'elles ont été transmises, par principe d'amour et en vue de la gloire de Christ. Les avantages suivent.
Notes
[76] hyçwt, boulhn, Sept. ; « consilium », version arabe.