Le roi, par le jugement, affermit le pays : en exerçant le jugement et la justice parmi ses sujets, il affermit les lois du pays et son gouvernement ; il en assure la paix et la prospérité, et conserve à son peuple la possession de ses biens et de ses privilèges ; il le rend riche et puissant, et l'État stable et florissant, en sorte qu'il demeure ferme pour la postérité. Tel fut Salomon (2 Chroniques 9:8) ;
mais celui qui reçoit des présents le ruine ; c'est-à-dire un roi qui agit ainsi. Gersom remarque qu'il n'est pas appelé roi, parce qu'un tel homme n'est pas digne de ce nom, lui qui reçoit des présents et se laisse acheter par eux pour pervertir le jugement et la justice ; par quoi les lois de la nation sont violées, les personnes et les biens de ses sujets deviennent la proie des méchants, et ainsi l'État est renversé et tombe en ruine. Le texte original porte « un homme d'oblations » ; le mot s'emploie généralement des oblations ou offrandes sacrées sous la loi ; d'où certains l'entendent d'un prince sacrilège qui, de son pouvoir arbitraire, détourne les choses sacrées à des usages civils. Le Targum, la Septante, les versions syriaque et arabe rendent : un homme méchant et impie ; et la Vulgate latine : un homme avide ; tel doit être un pareil prince, sous quelque jour qu'on le regarde, soit comme pervertissant la justice par des pots-de-vin, soit comme sacrilège. On pourrait cependant traduire « un homme d'exactions », car le mot s'emploie de l'oblation qu'un prince reçoit de son peuple (Ézéchiel 45:9,13), comme le remarque Aben Ezra ; et on peut ainsi l'entendre d'un roi qui impose à son peuple de lourdes taxes, et par là le réduit à la détresse et à la pauvreté, et l'État à la ruine.