Qui partage avec un voleur : qui vole et dérobe, et ravit le bien d'autrui, ce qui est un péché contraire à la loi de Dieu et punissable par elle ; et il en est de même de s'associer à lui dans le vol, de le machiner ou d'y consentir ; de recevoir les biens volés, de les cacher et de les receler ; ou de cacher le voleur ou le vol et de ne pas les déclarer (voir Psaume 50:18 ; Ésaïe 1:23). Un tel homme
hait son âme ; c'est-à-dire qu'il n'en prend pas soin, qu'il ne se soucie pas de son bien comme il le devrait ; car autrement nul, à proprement parler, ne hait sa propre chair ou son corps, et encore moins son âme ; mais il en néglige le bien, et, pour les richesses d'iniquité, court le risque de sa ruine ; par quoi il montre qu'il aime le monde plus que sa propre âme, alors que le gain du monde entier n'est rien au prix de l'âme de l'homme (Matthieu 16:26 ; voir Proverbes 8:36) ;
il entend l'adjuration, et ne déclare pas la chose ; ou « ne la dénonce pas » ; il entend les malédictions de ceux qui ont perdu leurs biens, et pourtant il ne déclare pas où ils sont ni qui est l'auteur du vol, bien qu'il le sache ; ou bien, soupçonné d'y avoir trempé, ou du moins de savoir qui l'a fait, il est traduit devant un magistrat civil, on lui défère le serment, il le prête et cache pourtant l'affaire ; ce qui est une aggravation de son péché et entraîne la ruine de son âme. Ainsi le Targum : « on lui défère le serment, et il ne confesse pas ». Certains entendent ceci d'un mal distinct : entendre maudire et jurer, prendre le nom de Dieu en vain et blasphémer contre lui, et pourtant, par crainte d'encourir le déplaisir des hommes et de passer pour un homme qui se mêle de tout, ou par indifférence et manque de zèle pour la gloire de Dieu, ne pas le découvrir ni en informer qui de droit pour le châtiment de telles gens (voir Lévitique 5:1) ; et ils rendent les mots ainsi : « celui qui partage avec un voleur hait son âme ; de même celui qui entend maudire et ne le dénonce pas ».