Le foin s'enlève, la verdure paraît. Certains pensent que cela est dit pour illustrer l'incertitude des richesses, qui s'évanouissent bien vite : de même que la tendre herbe pousse et est bientôt fauchée, et devient bientôt du foin, lequel est bientôt consommé. Mais il vaut mieux y voir un argument en faveur de la vie et du métier de berger, puisqu'on peut l'exercer si aisément ; car la terre, les vallées et les collines sont couvertes d'herbe pour le bétail, si bien qu'il n'y a qu'à mener les troupeaux aux pâturages et à les y laisser paître, ou à couper l'herbe, à en faire du foin et à le mettre en réserve pour l'hiver comme fourrage. Le premier membre peut, je crois, se rendre : « le foin s'en va », il est emporté : l'herbe étant bonne à couper, on la fauche et on en fait du foin qu'on emporte et qu'on met en réserve pour l'hiver ; « et la verdure paraît » : elle repousse après que le foin a été enlevé, et donne ainsi une seconde coupe ; ou du moins elle fournit un bon pâturage où le bétail peut paître ;
et l'herbe des montagnes est recueillie : soit pour la nourriture présente du bétail, soit, transformée en foin, pour l'avenir ; soit encore comme herbes médicinales, dont beaucoup poussent dans les montagnes.