Il n'est pas bon de manger beaucoup de miel - c'est-à-dire trop ; car autrement il est bon d'en manger (Proverbes 24:13) ; mais l'excès est nuisible : il soulève l'estomac, augmente la bile et donne du dégoût ; et à vrai dire tout excès est mauvais.
Et rechercher sa propre gloire n'est pas une gloire : exposer soi-même ses qualités, faire sonner sa propre louange, chercher les honneurs auprès des hommes, employer tous les moyens de gagner les applaudissements de la foule - cela n'est pas glorieux ni digne d'éloge, mais déshonorant. Ou bien on peut traduire, comme le texte le porte littéralement : « mais rechercher », ou « la recherche de leur gloire est gloire » : soit la gloire des justes, comme l'interprète Aben Ezra, de ceux qui tiennent debout et ne chancellent pas devant le méchant - en rechercher les qualités et les vertus pour les imiter est chose glorieuse et honorable. Soit la recherche de la gloire de la connaissance des choses divines, comparable au miel, laquelle est louable et honorable ; car si l'on peut manger trop de miel, on ne peut jamais avoir trop de connaissance des choses spirituelles et divines, ni en être saturé ni gorgé. La Septante s'accorde avec ce sens : « mais nous devons honorer les paroles glorieuses » ; les vérités glorieuses de la Parole de Dieu doivent être tenues en grande estime, et en rechercher la gloire est honorable. Notre Seigneur nous invite à sonder les Écritures, parce qu'elles rendent témoignage de lui (Jean 5:39) ; et l'on n'en saura jamais trop de lui ni des précieuses doctrines de l'Évangile - à moins qu'il ne s'agisse ici des choses qu'il ne faut pas scruter curieusement : car les hommes ne doivent pas être sages au-delà de ce qui est écrit, ni sonder ce que Dieu a caché - sa propre nature et ses perfections, le mode de subsistance des trois personnes dans la divinité, ses desseins secrets et ses décrets, et ses jugements insondables. C'est le sens que suit la Vulgate :
« ainsi celui qui scrute la majesté sera accablé par la gloire » ;
il en sera écrasé et ne pourra en supporter l'éclat. Et le Targum porte :
« manger beaucoup de miel n'est pas bon, ni scruter les paroles glorieuses. »
Jarchi entend les mots en ce sens et l'illustre par l'œuvre de la création, par la vision des roues d'Ézéchiel, et par les décrets de Dieu et leurs raisons.