Le vent du nord chasse la pluie. Le géographe dit de même que le vent rapide du nord chasse les nuées humides, qui viennent d'ordinaire du côté opposé, le sud. Le mot employé a le sens de concevoir, d'engendrer et d'enfanter ; d'où certains traduisent en un sens différent, et de même le Targum :
« le vent du nord enfante la pluie » ;
et c'est ainsi que Guershom l'interprète, en disant :
« le vent du nord produit la pluie à Jérusalem, parce qu'il y amène les vapeurs qui s'élèvent de la mer, laquelle est au nord de la ville » ;
et le philosophe dit qu'aux régions septentrionales du monde c'est le vent du sud qui produit la pluie, et aux régions méridionales le vent du nord, comme en Judée. Mais en Job 37:22 il est dit que le beau temps, le temps clair et doré, vient du nord ; et Homère appelle le vent du nord aithrègenès, celui qui engendre le temps clair, et Virgile le nomme « clarus aquilo », celui qui rend le ciel serein. La version arabe porte « le vent du sud », lequel amène en effet la pluie et, selon cette version, soulève les nuées. Mais la première lecture et le premier sens paraissent les meilleurs et s'accordent avec ce qui suit :
et un visage irrité, la langue qui médit : il la chasse, la décourage et la fait taire. Quand un homme prend un air sévère et un regard courroucé envers ceux qui viennent lui rapporter des potins, des contes oiseux et des médisances sur autrui, il les arrête et met fin à leur manège ; tandis que de les écouter, et surtout de les écouter avec un air de plaisir, les encourage. S'il n'y avait pas tant de gens à prendre plaisir aux rapporteurs et aux médisants, et si on les traitait plus rudement, comme le vent du nord traite la pluie, on ne pratiquerait pas tant ce vilain métier.