L'homme sage est plein de force : il peut parfois faire, par sa sagesse, ce qu'un autre ne peut faire par sa force, et qui pourtant demande force et courage (voir Proverbes 21:22 ; Ecclésiaste 9:15,16). On peut l'entendre de celui qui est spirituellement sage, sage pour le salut, sage pour le monde à venir, et à qui il a été donné de connaître la vraie sagesse dans le secret du cœur. Les philosophes stoïciens disent beaucoup de choses de leur sage : qu'il est heureux, riche, puissant et même roi ; tout cela se dit avec plus de vérité de l'homme de bien. Il est fort, non pas absolument mais relativement : par comparaison avec ce qu'il était lui-même ; car les méchants sont sans force et n'en cherchent pas ailleurs, et ils ne font ni ne peuvent faire ce qui est spirituellement bon, et ignorent leur propre faiblesse. Il n'en va pas ainsi de l'homme sage : il a quelque force spirituelle, il en cherche davantage auprès du Christ, et il peut tout par celui qui le fortifie ; et il connaît sa propre faiblesse, et éprouve que c'est quand il est faible qu'il est fort. Celui qui est éminemment sage est fort par comparaison avec les saints moins avancés et plus faibles ; car les uns sont des enfants quant à la connaissance, faibles dans la foi et dans la conduite, plus faciles à entraîner au péché et à la tentation que d'autres ; et par comparaison avec eux, certains sont forts, qui doivent supporter et soutenir les faibles et les relever. L'homme sage est fort, non de lui-même - car il ne peut ni penser une bonne pensée, ni faire une bonne action, ni se garder du péché et de Satan -, mais en Christ, dans la puissance de sa force et dans sa grâce ; et par la force spirituelle qui lui est communiquée, son cœur est fortifié, et l'œuvre de la grâce en lui. On peut traduire : « l'homme sage est dans la force » : il est dans le Christ, sa citadelle, où il s'est réfugié comme un prisonnier de l'espérance ; il est dans la tour forte où il a couru et où il est en sûreté ; il est entouré de toutes parts de la puissance de Dieu, qui le garde.
Et l'homme de savoir affermit sa vigueur : l'homme spirituel, doué de la connaissance spirituelle, de la connaissance du Christ et du salut par lui ; ayant quelque force spirituelle, il y croît ; il devient de plus en plus fort, il va de force en force ; plus il connaît le Christ, plus fermement il se confie en lui et l'aime, et plus il est capable de résister aux tentations de Satan et de tenir tête aux faux docteurs qui séduisent le cœur des simples. Et cette force spirituelle s'accroît par le moyen de la Parole de Dieu, par les promesses de l'Évangile et par ses ordonnances.