Celui qui aime la pureté du cœur. Le cœur de l'homme est naturellement impur, et tout ce qui est en lui : les pensées, les affections, l'esprit, la conscience, l'intelligence et la volonté. Il y a pourtant une pureté du cœur : là où est la grâce de Dieu ; là où est un amour pur pour Dieu, pour le Christ et pour les choses et les personnes saintes et célestes ; là où est une foi sincère et pure au Christ, et une espérance de la vie éternelle par lui qui purifie ; là où le Saint-Esprit habite comme sanctificateur et où le Christ habite par la foi ; là où sont la sincérité et la droiture ; et là où le cœur a été purifié par l'aspersion du sang du Christ, d'une mauvaise conscience. Et quoique personne ne soit entièrement exempt de souillure de la chair et de l'esprit, tout homme de bien hait l'impureté qui est en lui, aime la pureté, la désire et emploie tous les moyens de l'obtenir. Et il aime l'homme au cœur pur, comme l'interprète Aben Ezra : il aime la pureté du cœur en lui-même et chez les autres. Certaines versions l'entendent de Dieu : la Septante et la version arabe portent « Dieu aime les cœurs saints », et de même le Targum :
« Dieu aime les cœurs purs » ;
la version syriaque diffère :
« il aime Dieu, celui qui est pur de cœur » ;
mais tout cela est inexact : le sens est celui qu'on vient de dire.
Et qui a la grâce sur les lèvres ; ou : « la grâce est sur ses lèvres », ou « ses lèvres sont grâce », sont pleines de grâce - comme les lèvres du Christ, quoique dans une bien plus grande mesure (Psaume 45:2). Tel est le cœur d'un homme, telles sont ses lèvres : l'homme au cœur pur parlera un langage pur ; l'homme de bien parlera de bonnes choses ; le sage parlera de sagesse et l'homme touché par la grâce parlera de la grâce de Dieu : des doctrines de grâce qu'il a reçues, des bienfaits de la grâce qui lui ont été faits, des promesses de grâce qui lui ont été appliquées, des expériences de grâce dont il a été favorisé ; de choses agréables et acceptables aux autres, qui communiquent la grâce et servent à l'édification.
Le roi sera son ami : il le traitera amicalement, l'admettra dans son intimité, le prendra à sa cour et le fera entrer dans son conseil privé. Voilà ce qu'un roi devrait faire, ce qu'un roi sage et bon fera, et ce qui est son intérêt ; car un homme au cœur droit et au langage plein de grâce est ou devrait être considéré des princes : ainsi Huschaï l'Arkien par David, et Daniel par Nabuchodonosor lui-même, roi païen. La note de Jarchi est :
« le Dieu saint et béni l'aime et l'embrasse » ;
et ce sens peut fort bien s'admettre : le Seigneur aime la pureté du cœur, il est bon envers ceux qui ont le cœur pur ; il aime les lèvres pleines de grâce, celles qui parlent de la grâce, dans la prière, la louange ou l'entretien chrétien ; il est leur ami ; il se montre pur envers ceux qui sont purs, et les cœurs purs le verront et habiteront à jamais avec lui. Et le Christ, qui est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, aime la pureté et la justice et hait l'iniquité ; les lèvres des siens lui plaisent, elles sont comme un fil écarlate ; il aime entendre leur voix, surtout quand elle parle de sa grâce ; et il est pour eux un ami qui aime en tout temps et qui s'attache plus qu'un frère.