Les pas de l'homme viennent du Seigneur. Au sens naturel et littéral : les organes de la marche viennent de lui ; le mouvement d'un lieu à un autre ne se fait pas sans le concours de sa providence ; car si c'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être, c'est aussi en lui et par lui que nous nous mouvons ; c'est lui qui garde notre sortie et notre entrée ; et de même que la sûreté du voyage, sa réussite est due à sa providence, et le tout est sous sa garde et sa conduite. Au sens civil également, toutes les affaires et toutes les entreprises de la vie sont dirigées par sa providence : il y a un temps pour toute chose sous le ciel, et le succès de tout dépend d'une bénédiction divine ; les choses vont pour chacun selon la providence de Dieu et selon ce qu'il veut ; et c'est par lui que les hommes sont amenés à faire tel ou tel pas, dont l'issue dépend de sa volonté. Et l'on peut l'appliquer aux pas de l'homme au sens spirituel et religieux : la foi, qui est proprement la démarche du pécheur perdu allant au Christ pour obtenir le pardon et la purification, la justice et la vie, la nourriture et le repos et le salut éternel, ne vient pas de l'homme lui-même : elle est de Dieu, elle est son don et son ouvrage ; nul ne peut aller ainsi au Christ s'il ne lui a été donné de Dieu, ou s'il n'est attiré par sa grâce (Jean 6:35,37,44,65) ; et tous les actes spirituels qui en découlent sont l'effet de la grâce de Dieu et de son influence et de sa conduite : marcher dans le chemin de la vérité, c'est le Seigneur qui l'enseigne, qui le fait choisir, qui y conduit et qui y garde ; marcher dans les statuts et les ordonnances du Seigneur, et dans les voies de la justice et de la sainteté, vient de lui et de son Esprit mis dans les siens ; et en vérité toutes les bonnes œuvres qu'ils font, qu'on peut appeler leurs pas, il les a préparées d'avance afin qu'ils y marchent ; c'est par la grâce de Dieu, dans la force du Christ et avec l'assistance de l'Esprit bienheureux qu'ils y marchent ; et leur persévérance dans la foi et la sainteté, ou leur marche de force en force, est tout entière l'œuvre du Seigneur.
Comment donc l'homme comprendrait-il sa voie ? Même s'il s'agit d'un simple voyage au sens littéral : quelle en sera l'issue, quand et même si jamais il reviendra chez lui, puisque tout est sous la direction et la providence de Dieu. Et de même pour ses affaires : il sait comment elles ont commencé et comment elles vont pour le moment, mais il ne sait pas comment elles finiront. De plus, l'homme naturel et non régénéré ne sait pas dans quelle voie il est, où elle mène et quelle sera sa fin dernière ; plongé dans les ténèbres où il est né, où il a grandi et où il demeure, il ne comprend pas comme il faut ce qu'est son devoir, ce qu'il doit faire, quelle est la volonté bonne et parfaite de Dieu, ni quelle est la voie où il devrait marcher pour son bien ; ni la voie éternelle qui mène à la vie - peu la trouvent. Ou bien on peut l'entendre de la voie du Seigneur : « comment donc l'homme comprendrait-il sa voie ? », celle du Seigneur et non celle de l'homme ; la voie du Seigneur dans sa providence, qui est comme un abîme insondable ; et la voie du salut par le Christ, conçue et arrêtée par le Seigneur : cette voie de la paix, du pardon, de la justice et de la vie éternelle n'est pas connue de l'homme naturel ; et quand elle lui est révélée extérieurement par la Parole et par la prédication, il ne la comprend pas de manière à l'approuver, mais il la méprise - à moins que Dieu ne lui donne le cœur de la connaître et une intelligence spirituelle et vécue de celle-ci.